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Société

Mariage pour tous : les cultes auditionnés au Sénat, le CFCM catégorique

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mercredi 13 Février 2013

Les représentants des principales religions de France ont été invités, mardi 12 février, à venir s'exprimer au Sénat à propos du mariage pour tous, dont le texte va être examiné dès avril. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a réitéré son opposition ferme au mariage et à l'adoption pour les couples du même sexe. Tout en dénonçant l'homophobie, il a rappelé aux homosexuels de confession musulmane que la religion ne saurait « changer (ses) principes » pour les satisfaire. Réactions.



Les représentants des cultes en France auditionnés au Sénat, mardi 12 février, à propos du mariage pour tous.
Les représentants des cultes en France auditionnés au Sénat, mardi 12 février, à propos du mariage pour tous.
Le Sénat procède, depuis le 5 février, à des auditions publiques d’associations, de psychologues et d’experts. Hasard ou non du calendrier, les représentants des cultes ont également été auditionnés mardi 12 février, jour même du « oui » de l’Assemblée nationale au projet de loi sur le mariage pour tous.

Le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, le cardinal-archevêque de Paris André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France (CEF), le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim, la présidente de l'Union bouddhiste de France Marie-Stella Boussemart, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Mohammed Moussaoui, et le Métropolite Emmanuel, président de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France, se sont manifestés devant la commission des lois, présidée par Jean-Pierre Sueur.

A l’exception des bouddhistes, tous ont renouvelé, en une heure environ, leur opposition au mariage pour tous, comme à l’Assemblée nationale en décembre 2012, à ceci près que l'ambiance était nettement moins électrique mardi.

« Laisser croire qu'une décision législative va effacer la différence sexuelle ne peut que conduire à une insatisfaction assez profonde », a ainsi fait savoir le cardinal-archevêque de Paris André Vingt-Trois.

Le CFCM répond aux homosexuels musulmans

Les musulmans de France sont « conscients » qu’ils vivent dans « une société plurielle et diverse », « où les règles religieuses ne peuvent être mises en avant pour se soustraire aux règles en place dans la société » mais « on ne peut pas nous demander de changer les règles, les principes de la religion » musulmane, rappelle M. Moussaoui devant les sénateurs.

Aux musulmans qui ont choisi l’homosexualité, leur demande pour que leur vie sexuelle devienne « conforme à la religion » restera lettre morte, réaffirme le président du CFCM. Cependant, ces derniers ne doivent « pas être inquiétés dans leur choix » par leurs coreligionnaires, rappelle-t-il.

Il fait ainsi référence, sans le citer, à l'association Homosexuels musulmans de France (HM2F), qui a réussi à s'octroyer, non sans controverse, une salle de prière dans l'est parisien. Son président, Ludovic-Mohamed Zahed, s'est clairement prononcé en faveur du mariage pour tous, déplorant dans un communiqué paru fin janvier, « les tendances conservatrices, dogmatiques, existant au sein d’institutions cultuelles non démocratiques », nommant le CFCM et l'Eglise catholique.

« La tradition islamique considère, en outre, le mariage comme un contrat social entre deux individus consentants et non comme un sacrement ; son ouverture aux couples homosexuels ne consiste ainsi qu’à mettre fin à une discrimination devant la loi, et elle est selon nous conforme à l’éthique islamique qui nous enjoint de mettre fin à toutes formes d’inégalités et d’injustices sociales », écrit-il dans un communiqué au nom du collectif Musulmans Progressistes de France (MPF). Une opinion très largement minoritaire qui ne saurait être entendue par la communauté musulmane, opposée, pour une large part, catégoriquement au mariage entre personnes du même sexe.

La Manif Pour Tous s'organise

Le projet sur le mariage pour tous devrait toutefois être adopté au Palais du Luxembourg sans encombres, selon le président (PS) du Sénat, Jean-Pierre Bel. Une fois adopté, il pourra alors être promulgué par le président de la République, à moins que le Conseil constitutionnel, s'il est saisi par l'opposition, l'en empêche.

Cependant, les jeux ne sont pas encore complètement faits pour les opposants au mariage pour tous, qui espèrent pouvoir saisir le Conseil économique, social et environnemental (CESE) en vue d'obtenir son avis, bien que consultatif. Plus de 640 000 personnes ont signé la pétition, a annoncé le collectif Manif Pour Tous, mardi 12 février, sur leur site, soit 140 000 signatures de plus que les 500 000 requises pour être entendu par le CESE.






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