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Monde

Malcom X : son assassin libéré

Rédigé par Leïla Belghiti | Mardi 23 Mars 2010

Un des trois assassins du célèbre défenseur des droits civiques des Afro-Américains, Malcom X, pourrait être libéré fin avril. Une décision qui remet une fois de plus sur le plateau la version officielle accusant l'organisation Nation of Islam d'être l'auteure du crime. Une version réfutée par certains, mais qui n'efface pas pour autant l'engouement des jeunes générations, quarante-cinq ans plus tard, pour le charisme du leader noir.



Malcom X : son assassin libéré
21 février 1965, trois hommes armés ouvrent le feu sur Malcom X, le célèbre militant des droits de l'homme, alors qu'il prononçait un discours dans Harlem, devant une nombreuse assistance. Il meurt quelques minutes plus tard, pendant son transfert à l'hôpital, à l'âge de 39 ans.

Quarante-cinq ans plus tard, l'un des assassins, Thomas Hagan − qui avait reconnu, un an après, avoir tué le charismatique prêcheur afro-américain −, a vu le 3 mars sa 17e demande de libération acceptée par le tribunal. Il bénéficiait depuis 22 ans d'une semi-liberté, lui permettant de travailler la semaine avant de retourner séjourner en prison le week-end. « Sa possible remise en liberté est programmée pour le 28 avril », a indiqué vendredi Marc Violette, porte-parole des autorités judiciaires de New York chargées des libérations conditionnelles, selon l'AFP.

Thomas Hagan, 69 ans, était membre de l'organisation Nation of Islam (NOI), dont Malcom X avait été l'une des figures les plus influentes pendant plus d'une dizaine d'années. Soupçonnée d'être à l'origine du meurtre de Malcom X, l'organisation s'en est vite défendue. Pour de nombreux analystes, le doute plane encore, et d'aucuns pointent du doigt la CIA, le FBI ou encore des organisations d'extrême droite d'en être l'auteur.

Fondée à Détroit en 1930 par Wallace Fard Muhammad, l'organisation formait un mélange de culte nationaliste noir et d'un islam hétérodoxe. De retour du pèlerinage à La Mecque, en 1964, Malcolm Little, alias Malcom X, devenu par la suite El-Hajj Malek El-Shabazz , se brouille avec le chef de NOI, Elijah Muhammad, et décide de rompre avec l'organisation, l'accusant de racisme anti-Blancs et dénonçant un discours ultra-communautaire.

Ainsi écrit-il à son retour de La Mecque : « Il y avait des dizaines de milliers de pèlerins, de partout dans le monde. Ils étaient de toutes les couleurs, des blonds aux yeux bleus aux Africains à la peau noire. Mais nous étions tous les participants d'un même rituel, montrant un esprit d'unité et de fraternité que mes expériences en Amérique m'avaient mené à croire ne jamais pouvoir exister entre les Blancs et les non-Blancs. » Il fonde alors son propre groupe politique, l'Organisation pour l'unité afro-américaine.

Contre la radicalisation des Noirs

Son idéologie, si elle s'éloigne sur le plan religieux de NOI, reste attachée aux idéaux socio-économique de l'organisation, mettant un point d'honneur à la réussite scolaire, économique et sociale des Noirs, afin qu'ils puissent « s'affranchir » des « Blancs » et acquérir une certaine autonomie et confiance en eux.

S'il n'était pas adepte du recours à la violence, El-Hajj Malek El-Shabazz l'utilisait dans ses discours pour mettre en garde les mouvements anti-Noirs d'une possible rébellion armée. Ce qui lui a valu d'être parfois taxé d'extrémiste. Néanmoins, ses combats dans la lutte contre les discriminations raciales ont marqué à jamais l'Histoire et ont fait de lui une icône de la résistance, à tel point que sa figure a été érigée en modèle par de nombreux partis politiques dans le monde.





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