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Religions

Les défenseurs du foulard dans la rue

Rédigé par Bouali Houda | Vendredi 16 Janvier 2004

Le compte à rebours a commencé pour les adversaires de la loi sur la laïcité. Le projet visant à interdire le port «ostensible» de signes religieux à l'école publique devrait être débattu à l'Assemblée nationale le 3 février. Il est en ce moment examiné par le Conseil d'Etat, qui doit rendre son avis jeudi prochain. Hier, il a été difficilement approuvé par le Conseil supérieur de l'éducation (CSE), un organe consultatif. Les nombreuses abstentions ou refus de vote des participants reflètent les hésitations du corps enseignant. «Nous sommes favorables au principe d'une loi, mais pas satisfaits de la formulation de la loi», a indiqué Patrick Gonthier, secrétaire général de l'Unsa-éducation, la deuxième fédération d'enseignants, qui s'est abstenue.



Le compte à rebours a commencé pour les adversaires de la loi sur la laïcité. Le projet visant à interdire le port «ostensible» de signes religieux à l'école publique devrait être débattu à l'Assemblée nationale le 3 février. Il est en ce moment examiné par le Conseil d'Etat, qui doit rendre son avis jeudi prochain. Hier, il a été difficilement approuvé par le Conseil supérieur de l'éducation (CSE), un organe consultatif. Les nombreuses abstentions ou refus de vote des participants reflètent les hésitations du corps enseignant. «Nous sommes favorables au principe d'une loi, mais pas satisfaits de la formulation de la loi», a indiqué Patrick Gonthier, secrétaire général de l'Unsa-éducation, la deuxième fédération d'enseignants, qui s'est abstenue.

 

Les partisans du voile préparent leur manifestation

Cette indécision tranche avec la mobilisation de nombreuses associations musulmanes. A l'appel du Parti des musulmans de France (PMF), un groupuscule strasbourgeois revendiquant 2 000 membres, dont une centaine d'adhérents inscrits, 10 000 à 20 000 personnes pourraient défiler demain à Paris, selon les projections de la police.

 

Les jeunes devraient constituer l'essentiel des manifestants. Plusieurs centaines de sikhs, qui défendent leur droit de porter le turban à l'école, devraient également participer au défilé parisien.

 

Les associations des droits de l'homme ainsi que les partis d'extrême gauche hostiles à la loi n'ont pas souhaité défiler au côté du sulfureux président du PMF, Mohammed Latrèche, qui revendique – entre autres – le slogan : «Hitler = Sharon».

Les organisations siégeant au Conseil français du culte musulman (CFCM) ne participent pas officiellement à cette manifestation. Dalil Boubakeur, président du CFCM et recteur de la Mosquée de Paris, a même déconseillé aux musulmans de descendre dans la rue pour ne pas «effrayer les Français à deux mois des élections régionales».

 

A l'inverse, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), la plus importante organisation islamique en France, a lancé un appel à s'associer à «toutes les initiatives» contre le projet de loi. D'autres associations musulmanes, proches du prédicateur suisse Tarik Ramadan, comme le Collectif des musulmans de France, ou les Etudiants musulmans de France ont, elles, appelé à une conférence à Paris le même jour.

 

Jean Paul II met en garde

La France était clairement visée, même si jamais nommée, d'autant que les paroles étaient prononcées en français, comme le veut la tradition dans la diplomatie du Saint-Siège. Dans son discours annuel devant les ambassadeurs, le Pape Jean Paul II a mis en garde lundi (12 janvier) contre une 'attitude qui pourrait mettre en péril le respect effectif de la liberté de religion', rappelant que 'la laïcité n'est pas laïcisme'.

Ce n'est pas une diatribe contre l'Etat français laïc, mais cela ressemble quand même à une remontrance. Jean-Paul II ne remet pas en cause la légitimité du principe de laïcité. Il ne nomme ni la France, ni la Belgique, ni l'Allemagne où le débat fait rage autour des signes religieux visibles ou ostensibles, mais il s'inquiéte d'un 'péril' qui pourrait remettre en cause 'la liberté de religion'. En clair, il dit laïcité, respect de toutes les croyances: oui, mais laïcisme empêchant toute manifestation sociale des religions: non

 

Dominique de Villepin défend la position française
Le projet de loi suscite également beaucoup de commentaires, parfois négatifs, dans les pays musulmans. Le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, effectue en ce début de semaine une tournée dans les pays du Golfe Persique. A chaque étape, il explique aux dirigeants que le projet français sur les signes religieux, n'est pas hostile à l'Islam. Le ministre explique à chaque fois 'qu'il ne s'agit pas d'une mesure générale d'interdiction du voile, mais seulement à l'école'. Arguments qu'il dit être, une fois dûment expliqués, bien compris dans ces pays.






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