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Cinéma, DVD

« Les Hommes libres », ou comment les musulmans ont sauvé des juifs du nazisme

En salles le 28 septembre

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Jeudi 1 Septembre 2011

Le rôle positif des musulmans durant la Seconde Guerre mondiale est trop souvent oublié du cinéma français. Un nouveau pas vers leur reconnaissance est fait avec « Les Hommes libres »*, du réalisateur franco-marocain Ismaël Ferroukhi. Celui-ci retrace en partie l’histoire de la Grande Mosquée de Paris, qui a permis de sauver des Juifs du sort affreux que leur réservaient Hitler et ses sbires dans les camps de la mort. Avec une thématique aussi peu traitée et un casting réussi – Tahar Rahim et Michael Lonsdale, rien que ça –, le film est promis au succès.



« Les Hommes libres », avec Tahar Rahim (photo) en tête d'affiche, sort sur grand écran le 28 septembre.
« Les Hommes libres », avec Tahar Rahim (photo) en tête d'affiche, sort sur grand écran le 28 septembre.
Le cinéma français regorge de films sur la Seconde Guerre mondiale. Mais trop peu soulèvent le rôle positif des indigènes et des musulmans pendant cette période. Dès lors qu’un réalisateur, en l’occurrence Ismaël Ferroukhi, décide, au travers d’un long métrage, de rendre un hommage appuyé à ceux d’entre les musulmans qui ont caché des Juifs des nazis et qui ont résisté aux côtés des Français au nom de la liberté, cela mérite bien qu’on s’y attarde plus qu’un instant.

Les Hommes libres fait désormais partie de ces films qui lèvent le voile sur une partie de l’Histoire restée mystérieuse aux yeux des Français.

Un film unique en son genre

A ce jour, les Justes musulmans se comptent à peine sur les doigts de la main. Pourtant, selon certaines sources, entre 500 et 1 600 personnes ont été sauvés par la Grande Mosquée de Paris, mais peu d’archives viennent appuyer les faits. Les Hommes libres mettent en lumière cet aspect méconnu de la guerre auprès du grand public.

Indigènes, de Rachid Bouchareb, avait déjà été applaudi pour avoir mis sous les feux des projecteurs le rôle des soldats issus des anciennes colonies françaises dans la victoire de la France et de ses alliés contre le nazisme en 1945.

Sélectionné cette année à Cannes hors compétition, Les Hommes libres semble promis à un beau succès. Et ce aussi grâce à un casting très réussi. Le réalisateur franco-marocain, qui s’est entouré d'historiens, dont Benjamin Stora, pour donner une dimension historique au scénario, a pu débaucher Tahar Rahim, révélé par Un Prophète, et Michael Lonsdale, un des acteurs stars du film Des hommes et des dieux. Des têtes d’affiche qui n’ont pas failli dans leur jeu d’acteurs et qui ont incarné pleinement – et avec brio – leurs personnages.

Une Histoire à reconnaître

L’histoire commence en 1942 à Paris, alors occupé par les Allemands, et se centre autour de Younes, émigré algérien sans éducation politique qui vit du marché noir. Arrêté par la police française, ce dernier accepte de collaborer avec elle afin d’échapper à la prison. Sa mission : espionner la Grande Mosquée de Paris, soupçonnée de délivrer des fausses attestations d’appartenance à la religion musulmane à des juifs, souvent sépharades, et à des résistants.

Dans sa ligne de mire figure le recteur de l’époque, Si Kaddour Ben Ghabrit, un homme mystérieux qui n’a laissé que peu de traces écrites de sa vie. Durant sa mission, Younes fait la rencontre d’un chanteur algérien prometteur, Salim Halali – incarné par Mahmoud Shalaby –, avec qui il se lie d’amitié. Il apprend très vite alors que Salim est en fait Simon, un juif qui s’est assuré de la protection de Si Ben Ghabrit en lui fournissant une fausse attestation de musulman. Ce dernier ira même jusqu'à graver le nom du défunt père de Salim sur une tombe anonyme du cimetière musulman de Bobigny. L’amitié poussera Younes à mettre fin à sa collaboration avec la police, en lien étroit avec la Gestapo.

La fiction se mêle de très près à la réalité puisque Salim Halali a réellement existé. L’homme, décédé en 2005, connut d’ailleurs une grande carrière de chanteur après-guerre, suscitant même l'admiration d’Oum Kalthoum.


Un hymne à la liberté et au rapprochement judéo-musulman

L’histoire, dépeinte avec émotion, ne laisse pas les spectateurs de marbre, bercés tout au long du film par la musique arabo-andalouse. On constate pendant le film l’évolution du personnage de Younes. Comme chez nombre d’« indigènes » engagés aux côtés de la France libre, la lutte contre le fascisme en Europe résonne en Younes comme un appel à l’indépendance et un premier pas vers la liberté pour l’Afrique du Nord, alors aux mains des Français.

A travers Younes, le film rend hommage aux combattants et aux résistants musulmans anonymes qui se sont battus pour la liberté. A l’heure où les hommes politiques et les discours médiatiques entretiennent le climat d’islamophobie, Les Hommes libres offre un autre son de cloche. Il œuvre aussi à sa manière au rapprochement entre musulmans et juifs, qui ont plus souvent été persécutés en Europe que nulle part ailleurs. A vos agendas, rendez-vous est pris pour une séance dès le 28 septembre.


* Les Hommes libres, d'Ismaël Ferroukhi, avec Tahar Rahim, Michael Lonsdale, Mahmoud Shalaby, Lubna Azabal, Christopher Buchholz, Farid Larbi et Stéphane Rideau, 110 min, en salles le 28 septembre 2011.







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