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Economie

Les Émirats ont toujours la côte

Rédigé par Leila Belghiti | Mercredi 8 Avril 2009

Iles artificielles, stations de ski en intérieur, gigantesques centres commerciaux, tours extravagantes ... Les spectaculaires projets émiratis n'en finissent plus de faire rêver bien des esprits occidentaux noyés dans la terreur quotidienne que nous livrent depuis quelques temps déjà experts, journaux et économistes de tout bord. Les Emirats-Arabes-Unis auraient-ils échappés à la crise financière mondiale ? La réponse est désormais sans ambiguïté : non. Et pourtant ...



Les Émirats ont toujours la côte
Malgré la crise économique mondiale, les Emirats-Arabes-Unis affichent un plein d'optimisme. Protégés par le pétrole, ils semblent à l'abri de la récession. Selon le directeur de la Banque Centrale de Dubai - l' émirat le plus touché - il s'agit d' « un très fort ralentissement de l'économie ». Les effets s'en ressentent dans le secteur de l'immobilier et du tourisme, où pour la première fois l'offre dépasse la demande. "Les entrepreneurs du secteur privé étaient les gros joueurs en 2008 mais ils sont en train de perdre cette place en raison de la crise financière. Il revient maintenant aux gouvernements de stimuler le secteur par des dépenses" , estime Fatima Obaid al-Jaber, une dirigeante du groupe Al-Jaber d'Abou Dhabi actif dans le BTP, le tourisme et le transport. Annulations de permis de résidence, licenciements, tourisme en baisse sont devenus le quotidien de Dubaï. Du jamais vu dans cet émirat habitué à une croissance effrénée à deux chiffres.


Rassurer les investisseurs.

En France, pourtant, très nombreux sont encore ceux qui souhaitent s'y installer. Ces dernières années ont vu un engouement sans précédent pour les pays du Golfe : malgré la crise, les promoteurs immobiliers font tout pour rassurer et maintenir le marché de l'immobilier. Selon l'émir de Dubaï, cette crise a surtout « des effets psychologiques », « nous disposons de liquidités, il faut juste rassurer les investisseurs ». Pour Jean Pierre Sedaghat, Manager de la société Premium Advisory, spécialisée dans l'investissement immobilier à Dubaï, la crise doit être considérée comme une opportunité pour les investisseurs disposant de liquidités : « En s’emparant des offres attrayantes ou en acquérant des biens dont la valeur a été diminuée, l’investisseur tire profit de la situation économique actuelle. » et de rappeler « le patrimoine immobilier reste la formule d'investissement la plus sûre en période de crise ». Toujours est-il que près de 3000 voitures ont été retrouvées abandonnées dans les parkings d'aéroports, par des expatriés qui n'ont pas pu rembourser leur crédit.

La clientèle musulmane reste toujours intéressée.

En 2008, la France et les Emirats Arabes Unis ont signé une convention fiscale. Concrètement, ce document protège fiscalement les résidents français expatriés (près de dix mille) et les sociétés françaises implantés dans ce pays du Golfe. Les Emirats Arabes Unis ne pratiquent pas l’impôt sur le revenu et les taxes sur les sociétés sont limitées aux secteurs bancaires et pétroliers.

Une occasion saisie par les promoteurs immobiliers, qui offrent à leurs clients des possibilités d'achat étalonné sur plusieurs années et ... sans intérêts. Une opportunité pour les français de confession musulmane, soucieux d'apporter de l'éthique à leur placements. La destination la plus prisée ? « Sharjah » nous répond sans ambages une chargée de clientèle d'une agence immobilière installée à Paris, « cet émirat plaît à notre clientèle, principalement musulmane, poursuit-elle, car elle allie stabilité économique et stabilité de la pratique [confessionnelle, ndlr] » . Pour la plupart jeunes diplômés ou cadres, les Emirats leurs permettent d'évoluer et de gravir en échelons dans leur vie professionnelle. Ce qui n'est pas toujours chose aisée en terre française, bien que les efforts se multiplient dans la lutte contre les discriminations.

Malgré cette fameuse tempête financière, les agences immobilières pratiquant une finance sans intérêts affichent un visage serein et s'arrachent la clientèle arabo-musulmane française. « La concurrence est importante » nous confie le directeur de l'agence. « C'est pourquoi nous nous sommes lancés dans de nouveaux projets de grande envergure » poursuit-t-il, « la concurrence fait avancer ». Une concurrence qui sera sans doute très forte au salon annuel du Bourget, ce week-end de Pâques.

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