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Sur le vif

Le plan migrants du gouvernement jugé insuffisant par les associations

Rédigé par | Jeudi 13 Juillet 2017



Le Premier ministre a présenté, mercredi 12 juillet, son plan d’action pour faire face à la crise migratoire en France. Parmi les mesures annoncées, celles de l’hébergement étaient très attendues, une semaine après le démantèlement très médiatique du camp sauvage de la porte de la Chapelle à Paris.

Edouard Philippe a annoncé la création de 12 500 places d’hébergement pour les demandeurs d’asile et les réfugiés d’ici 2019, 7 500 lits pour les personnes en attente de réponse pour l’obtention du droit d’asile et 5 000 pour les réfugiés dans l’attente d’un logement pérenne. Mais cette mesure s'avère nettement insuffisante selon La Cimade.

Dans un communiqué, l’association de défense des migrants juge que cela « ne permettra toujours pas d’héberger toutes les personnes en attente » car début 2017, seulement la moitié des demandeurs d’asile était hébergée. Elle dénonce par ailleurs « des mesures prises dans l’urgence (qui) ne vont pas améliorer l’accueil, par exemple dans le nord de Paris, où depuis l’évacuation du 7 juillet, déjà plus de 300 personnes campent à nouveau dans la rue ».

Réduire l'attente pour le droit d'asile

Le gouvernement s’engage à réduire les délais d’attente pour la demande d’asile. Aujourd’hui, un migrant doit attendre 12 mois en moyenne pour obtenir une réponse. Le Premier ministre souhaite ramener ce délai à six mois.

Pour cela, il projette de « réformer les plateformes de premier accueil et les guichets » en préfecture. L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) devrait être décentralisé avec la mise en place de « délégations », dans « chaque centre ou groupement de centre ». Pour l’heure, le siège de l’Ofpra est situé à Fontenay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et est un point de passage obligé pour tout demandeur d’asile.

Amnesty international prévient que « la rapidité d’examen d’une demande d’asile ne doit pas entraîner une baisse de la qualité de celui-ci » car « des délais trop longs ne sont pas bons mais des délais trop courts sont souvent liés à des procédures non équitables ». Si le raccourcissement des délais de procédure d'asile est salué par la Fédération des acteurs de la solidarité (FNARS), qui regroupe près de 900 associations hébergeant et accompagnant les migrants, le plan « ne répond pas à l'urgente nécessité de redimensionner les capacités d'accueil et d'accompagnement des demandeurs d'asile quand seulement un demandeur sur deux est aujourd'hui hébergé ».

Faciliter les expulsions

Ces annonces ne règlent pas, pour l'heure, les problèmes actuels liés à la gestion des flux migratoires en France. Par ailleurs, Edouard Philippe compte aussi rendre plus efficace les procédures d’expulsion pour les migrants qui se verraient refuser le droit d’asile. Il a déploré que « moins de 25 000 personnes ont quitté le territoire » en 2016, sur les 31 000 obligations prononcées. « Nous devons améliorer ces chiffres qui ne sont pas satisfaisants », a-t-il ajouté, rappelant ainsi qu’il est resté fidèle aux préceptes de sa famille politique.

Le gouvernement ne pourra cependant toujours pas expulser de manière automatique tous les déboutés. Les expulsions restent encadrées par des procédures administratives qui diffèrent selon les accords avec les pays d’origine des migrants. Enfin, le Premier ministre a annoncé la nomination future d’un délégué interministériel, placé sous la responsabilité du ministre de l’Intérieur, sans précision sur la date.

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