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Société

Le hijab aussi fait sa rentrée

Rédigé par Mom Nicolas | Vendredi 19 Septembre 2003

Après la rentrée des classes, c’est la rentrée du hijab, le foulard des musulmanes. Les débats autour de la laïcité et plus particulièrement autour du foulard sont à nouveau à l’ordre du jour. La commission sur la laïcité présidée par Bernard Stasi a auditionné les premiers membres du gouvernement Raffarin. Une nouvelle commission a vu le jour au sein du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) samedi 13 septembre. Après avoir gardé le silence sur le sujet depuis sa création, ce Conseil nouvellement élu a été saisi par Madame Najet Ben Abdallah, une fonctionnaire musulmane de Lyon, mise à pied, un an sans salaire, pour cause de port du Hijab sur son lieu de travail.



Après la rentrée des classes, c’est la rentrée du hijab, le foulard des musulmanes. Les débats autour de la laïcité et plus particulièrement autour du foulard sont à nouveau à l’ordre du jour. La commission sur la laïcité présidée par Bernard Stasi a auditionné les premiers membres du gouvernement Raffarin. Une nouvelle commission a vu le jour au sein du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) le samedi 13 septembre. Après avoir gardé le silence sur le sujet depuis sa création, le tout nouveau Conseil a été saisi par Najet Ben Abdallah, une fonctionnaire musulmane de Lyon mise à pied, un an sans salaire, pour cause de port du hijab sur son lieu de travail

La Commission Stasi
Au mois de juin dernier, le Président de la République, Jacques Chirac, avait mis en place une commission sur la laïcité baptisée la Commission Stasi du nom de son président, Bernard Stasi, médiateur de la république. Composé de chercheurs, de professionnels de l’éducation et de politiques, ce cercle de réflexion a pour tâche de remettre, d’ici décembre 2003, un cadre applicable par les établissements scolaires sur les questions tournant autour de la laïcité.

Ce mardi, la commission Stasi auditionnait les premiers membres du gouvernement Raffarin, parmi lesquels M. François Fillon ministre des Affaires sociales et M. Xavier Darcos, ministre délégué de l’Enseignement. Les deux hommes ont pu exprimer leurs avis sur le sujet.

La nostalgie de la blouse et du tablier
Pour palier le voile à l’école, Xavier Darcos semble prêt à aller loin… Jusqu’à évoquer l’idée d’un ' retour en arrière ' ! ' La question de l'uniforme mériterait d'être posée', a-t-il évoqué devant la commission Stasi. Le tablier et la blouse de nos grands parents feraient-ils leur réapparition ? Cette proposition n’a pas laissé indifférents bon nombre de membres de cette commission. Parmi eux, Pierre Tournemire, secrétaire adjoint de la Ligue de l’Enseignement, qui s’est déclaré totalement contre. 'Qu’il y ait besoin de réaffirmer quelques principes par rapport au port de signes religieux provocateurs, d'accord. Mais on doit respecter la liberté des jeunes. Plutôt que d'imposer une tenue ou de promulguer une loi interdisant le foulard, il faut éduquer l'esprit critique de l'élève.'

Quant au ministre des Affaires sociales François Fillon, son propos est direct : il est contre le port du foulard et est favorable à l’établissement d’une loi l’interdisant à l’école. ' Parce que la laïcité doit demeurer le principe d'organisation général du système éducatif public ', s’est-il expliqué avant d’ajouter : ' je suis personnellement favorable à une législation interdisant le port ostentatoire de tout signe religieux. Je crois que les directeurs d'établissement et les enseignants ont besoin d'un cadre clair pour les épauler dans leur tâche.' 'Mais, a-t-il conclu, sur ce sujet délicat, le débat est ouvert... '

La loi et la Fatwa comme remèdes
A cette table où l’on débat de la laïcité, il se trouve que les religieux sont absents. Leur place est manquante. Cependant, le CFCM qui a entamé sa première rentrée la semaine dernière, s’est constituée une commission de théologiens chargée d'émettre un avis canonique sur la ' question du foulard '. Cet avis tiendra compte ' du texte et du contexte, et notamment du fait que, pour la première fois de son histoire, l'islam tel qu'il existe en France se trouve en situation de religion minoritaire ', a indiqué Mohammed Becheri, le vice président du CFCM interrogé par l’AFP.

Déjà objet de débat sur débat, le voile de la musulmane fait maintenant l’objet de commission sur commission. Les politiques et les politiciens, les enseignants et les religieux… tous se sentent concernés. Une loi nouvelle, une Fatwa (avis juridique musulman) seront-elles proposées ? Dans l’attente des suites prochaines à cette mobilisation générale, il est à espérer que l’on songe à concerter ces femmes musulmanes. Peut-être ont-elles leur mot à dire ?





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