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Monde

Le Liban aux deux Liban

Le Hezbollah progresse grâce aux votes chrétiens

Rédigé par Haroun Ben Lagha | Mardi 9 Juin 2009

Dimanche dernier, les Français n’étaient pas les seuls à voter, le peuple libanais s’était également rendu aux urnes, pour élire ses députés. Le scrutin, l’un des plus disputés de l’Histoire du Liban, a bénéficié d’un taux de participation supérieur à 52 %. Le pays est majoritairement divisé entre deux coalitions, l’une sunnite pro-occidentale et proche des intérêts saoudiens, l’autre pro-syrienne à tendance chiite, menée par le Hezbollah.



Saad Hariri, leader de la coalition pro-occidentale, est le grand vainqueur des élections législatives au Liban.
Saad Hariri, leader de la coalition pro-occidentale, est le grand vainqueur des élections législatives au Liban.
Près de 600 candidats se sont disputés dimanche les 128 sièges que compte l’Assemblée nationale libanaise, dans 26 circonscriptions. La coalition menée par Saad Hariri, fils de l’ancien Premier ministre assassiné Rafiq Hariri, remporte 71 sièges, le Hezbollah, quant à lui, en occupera 57 au sein du nouveau Parlement. Les sièges seront répartis selon la règle de la parité entre députés chrétiens et députés musulmans.

C’est un grand ouf de soulagement que poussent les partisans d’un Liban ouvert à l’Occident. Un nombre important de citoyens libanais craignait en effet qu’une victoire du Hezbollah ne coupe le Liban du monde occidental. Une victoire du parti de Dieu (Hezbollah) aurait sans doute conduit le pays à faire de nouveau allégeance à son ancienne puissance de tutelle : la Syrie, impliquée, selon de nombreux Libanais, dans l’assassinat de Rafiq Hariri le 14 février 2005, à Beyrouth.

Les enjeux sont de taille sur le plan régional. Les relations avec le voisin israélien sont intimement liées au résultat des élections. Analyse : avec la victoire du camp Hariri, le Liban a la garantie de s’attirer les bonnes grâces de l’Europe, des États-Unis et de l’Arabie Saoudite. La paix totale avec Israël semble ne plus faire figure d’utopie et les négociations en vue d’un futur armistice sont plus proches que jamais.

Si, au contraire, le Hezbollah avait remporté la majorité parlementaire, la guerre contre l’État juif serait reparti de plus belle – selon certains politologues – , le tracé des frontières au Sud Liban étant depuis plus de trente ans l’objet d’incessants débats et de violents combats. Aussi les relations du Liban avec le monde occidental auraient sans doute profondément pâti d’une victoire du Hezbollah.

Le général Michel Aoun, leader chrétien et farouche opposant à Israël, soutient le Hezbollah.
Le général Michel Aoun, leader chrétien et farouche opposant à Israël, soutient le Hezbollah.
Si la paix peut aujourd’hui être envisagée sous de meilleurs auspices, celle-ci ne sera pas automatique, loin de là, d’autant plus que les leaders du parti de Dieu demandent la création d’un gouvernement d’union nationale.

Il faut tout de même retenir que le Hezbollah – qui détient plus d’un tiers des voies au Parlement grâce, notamment, à un important électorat chrétien anti-israélien mené par le général Michel Aoun – reste l’un des ennemis jurés d’Israël. Le Hezbollah entretient, par ailleurs, un impressionnant arsenal de missiles Zelzal iraniens – zelzal signifiant « tremblement de terre » en persan – pointés en permanence vers le Sud, autrement dit sur Israël.

La composition du Parlement libanais reste sensiblement identique à celle qui a suivi les législatives de 2005. Ainsi, malgré la victoire de la coalition anti-syrienne, rien ne garantit que le changement soit bien au rendez-vous.










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