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Economie

La 'voiture islamique' devrait être frappée du logo Proton

Rédigé par Assmaâ Rakho Mom | Lundi 12 Novembre 2007

Après le IPod "islamique"ou encore la téléphonie mobile "islamique", devrait bientôt apparaître sur le marché mondial de l'automobile la voiture également estampillée "islamique". C'est l'entreprise automobile malaysienne Proton qui, en partenariat avec des entreprises iraniennes et turques, lance le projet.



Logo de la marque Proton
Logo de la marque Proton

Voiture islamique destinée à l'exportation

C'est l'Agence nationale de presse malaysienne Bernama qui, le 10 novembre dernier, a dans une dépêche diffusé l'information. La firme Proton, premier fabriquant d'automobiles en Malaysie, devrait produire, en partenariat avec la Turquie et l'Iran, une voiture répondant aux exigences et aux désirs des futurs acheteurs de confession musulmane.

Au cours d'une visite en Iran que le directeur général de Proton, Zainal Abidin Syed Mohamed Tahir, a déclaré à l'agence Bernama que c'est "l’Iran qui souhaite la baptiser 'voiture islamique'". "La voiture possédera tous les éléments islamiques et sera destinée à l'exportation. Nous identifierons une voiture que nous pourrons développer pour être produite en Malaisie, en Iran ou en Turquie" a-t-il ajouté.

Les automobilistes qui devraient bientôt rouler dans cette voiture "islamique" pourront bénéficier d'accessoires adaptés à leurs besoins puisqu'une boussole leur permettrait de pouvoir s'orienter vers La Mecque au moment des prières, un emplacement serait dédié au Coran, Livre saint des musulmans, et un autre encore contiendrait des voiles pour les femmes.

Mauvaise passe

Rappelons que Proton est le premier constructeur automobile sur la marché malais. Créée en 1985, la société appartient au groupe Proton Edar et doit sa création au Premier ministre Mahatir Mohammed qui voulait, en dotant la Malaysie d'un constructeur national, maitriser en même temps ce marché automobile. Ainsi l'Etat malaisien détiendrait 31% des parts de la société, tandis que le constructeur japonais Mitsubishi Motors possèderait lui 16%. Mitsubishi Motors qui met par ailleurs à la disposition du constructeur malais son procédé de fabrication, ses modèles, ainsi que ses moteurs.

Mais la firme Proton traverse actuellement une mauvaise période du point de vue financier en raison de la baisse programmée des taxes douanières, taxes qui obligeaient les malaisiens à acheter dans leur pays. Ainsi la part de marché de Proton est passée de 60% à 23% en 5 ans. C'est pourquoi, l'entreprise automobile, selon plusieurs rumeurs, pourrait signer un accord de rachat ou de partenariat avec l'Allemand Volkswagen ou l'Américain General Motors, afin de palier à la baisse de ses ventes sur le marché intérieur malais.

La voiture "islamique" pourrait aussi lui permettre de conquérir un nouveau marché et de trouver par la même de nouveaux partenaires, puisque la Turquie ou l'Iran font partie intégrante du projet.

Label

Mais le label "islamique" n'est-il pas, au-delà de toute fonction ou fonctionnalité religieuse, un moyen détourné mais habile d'instaurer un certain protectionnisme au sein d'une économie ? La question est posée. Reste que, outre des fonctionnalités et autres options, certes astucieuses et ingénieuses permettant une pratique religieuse convenable, le label halal apparaît purement accessoire, voire accrocheur, et vise essentiellement à cibler un public précis.

Par contre, l'automobile estampillée "islamique" pourrait permettre au constructeur de pénétrer des marchés et économies émergents, ce qui dans le cas précis de Proton, n'est pas négligeable.





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