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Société

La Pentecôte fait des vagues

Rédigé par El abed Fatima | Jeudi 30 Octobre 2003

Le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé a affirmé hier matin que les décisions concernant la suppression du lundi de Pentecôte férié seront annoncées «dans l'ordre, quand le premier ministre aura rendu ses arbitrages». Il a souligné que l'instauration d'un jour de solidarité nationale pour la dépendance n'était qu'un aspect du plan du gouvernement en effet après le drame de la canicule, on avait annoncé l'élaboration d'une réforme moderne et forte en faveur des personnes dépendantes.



Le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé a affirmé hier matin que les décisions concernant la suppression du lundi de Pentecôte férié seront annoncées 'dans l'ordre, quand le premier ministre aura rendu ses arbitrages'. Il a souligné que l'instauration d'un jour de solidarité nationale pour la dépendance n'était qu'un aspect du plan du gouvernement. Après le drame de la canicule, le gouvernement avait annoncé l'élaboration d'une réforme moderne et forte en faveur des personnes dépendantes.

Raffarin devancé par la presse
La mesure concerne les salariés du privé comme du public et devrait s'appliquer dès 2004. Cela consiste en la récupération, auprès des entreprises, d'une partie des gains obtenus de l'allongement d'une journée de la durée du travail. La suppression d'un jour férié correspond à une augmentation de 0,46% du nombre d'heures travaillées sur une année. Pour plus de détails sur les données consulter notre article :  http://www.saphirnet.info/article_812.html 

Il a été demandé aux ministres de soumettre un projet global qui concerne l'ensemble des aspects. Une fois que ce plan sera totalement finalisé, viendront les arbitrages à rendre sur les différentes formes de financement possibles.

Après avoir arbitré au cours d'une réunion interministérielle, vendredi 24 octobre, en faveur de la suppression du lundi de Pentecôte pour financer la dépendance, le premier ministre a passé sa journée du mardi 28 octobre à affirmer le contraire. Il était visiblement contrarié que son arbitrage se soit retrouvé dans la presse du mardi matin, plusieurs jours avant la communication gouvernementale prévue sur ce sujet. Il a alors confirmé qu'il souhaitait 'engager le gouvernement dans une grande, juste, vraie réforme pour les personnes dépendantes, les personnes âgées, les personnes handicapées, avec notamment des droits nouveaux'.

Critiqué par l'opposition et par certains membres de sa majorité, le Premier ministre est allé jusqu'à envisager de remettre en cause son propre arbitrage. Mardi après-midi, il a ainsi pris bonne note de la proposition d'Alain Juppé, président de l'UMP, qui propose de supprimer plutôt un jour de RTT. 'Ça fait partie d'un certain nombre de discussions qui sont aujourd'hui ouvertes', a indiqué le Premier ministre. D'abord on décide, ensuite on discute.
Si cette proposition est validée, le mois de mai 2004 ne comptera plus qu'un seul jour férié – le jeudi de l'Ascension – puisque les 1er et 8 mai tombent un samedi cette année.

Réactions en chaîne…
Selon le porte-parole de l'UDF à l'Assemblée nationale, François Sauvadet, le projet de supprimer le lundi de Pentecôte, était 'une mesure gadget'. La vraie question, selon M Sauvadet, réside dans la capacité à créer de la richesse supplémentaire pour pouvoir assurer une solidarité à l'égard de nos aînés. Il a également affirmé que 'l'effort devra être partagé par tous les Français'. Autrement dit: l'augmentation de la CSG de façon certaine. Cela en considérant que la suppression d'un jour férié ne réglera pas tous les problèmes.

La décision du gouvernement qui n'est pas encore tranchée, provoque de vives réactions. Plusieurs surnoms sont déjà attribués au projet : gadget, bonne idée, scandale ou encore mesure positive.... Le débat est donc lancé. Il prend de plus en plus d'ampleur. On retrouve un sentiment sceptique à l'égard de cette mesure assez difficile à mettre en place et dont les résultats restent à prouver. L’idée n'est présentée, à ce jour, que comme 'l'une des hypothèses envisagées' par le gouvernement selon le Premier ministre.
Du côté de la majorité, Jacques Barrot, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, se présente 'personnellement favorable' à la suppression d'un jour férié. Pour lui, affecter le produit d'une journée de travail supplémentaire serait une occasion de responsabiliser les Français à travers un plan d'aide aux personnes âgées. Le député UMP Bernard Accoyer insiste sur la nécessité de garantir une bonne redistribution des gains ainsi acquis. Les plus septiques restent, entre autre, Alain Juppé, président de l'UMP, Hervé Morin, président du groupe UDF qui restent 'prudents'. Ce qui, il faut le reconnaître, n'est pas la meilleure solution pour aborder la question de la durée du travail.

Pour l'opposition, la décision gouvernementale ne va rien résoudre. C'est l'avis d'Elisabeth Guigou, ancien ministre socialiste de l'emploi. Jean-Marc Ayrault , président du groupe socialiste, ironise sur la mesure qu'il qualifie 'de nouvel impôt, l'impôt travail.'. Député PS de la Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg insiste sur la stratégie du gouvernement qui joue de la tragédie de cet été pour demander aux salariés de 'travailler gratuitement.'

Du côté syndical, les réactions sont également vives. FO condamne 'le choix de la charité obligatoire plutôt que de la solidarité'. L'organisation de Marc Blondel regrette que les salariés soient une fois de plus mis à contribution via une hausse de la durée du travail 'après les décisions prises en matière d'heures supplémentaires et de retraite'. La CFTC juge que le projet n'est qu'un 'gadget un peu similaire à celui de la vignette auto'. Et la CFE-CGE qualifie le projet de 'pas sérieux'. C'est 'une mauvaise réponse à une vraie question', déplore la CFDT.





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