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Religions

L’offensive du CFCM contre le radicalisme

Pour quel impact ?

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Lundi 19 Janvier 2015



L’offensive du CFCM contre le radicalisme
Unies contre l'extrémisme. C'est ensemble que les fédérations membres du Conseil français du culte musulman (CFCM), l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) et l’Union des mosquées de France (UMF) se sont présentées à la presse à l’issue d’une réunion extraordinaire qui s'est tenue mercredi 14 janvier à la Grande Mosquée de Paris.

Une semaine après les attentats qui ont secoué la France, et après le choc produit par les événements, le CFCM a communiqué une série de mesures pour marquer son engagement plein et entier dans la lutte contre le radicalisme. « Ce fléau correspond à une gangrène qu'il faut attaquer à la racine avant qu'il y ait des métastases, il faut qu'on prenne le problème à bras le corps. Au CFCM, cette prise de conscience s'accompagne d'un certain nombre d'actions concrètes » depuis le lancement, en juin 2014, de la « Convention citoyenne des musulmans de France pour le vivre-ensemble », indique à Saphirnews Anouar Kbibech, président du Rassemblement des musulmans de France (RMF).

Ensemble pour un colloque national

Dans son article 9, le CFCM faisait déjà part de son inquiétude de « l’attractivité des thèses radicales auprès d’une fraction de la jeunesse en quête de sens, confrontée à des injustices et inégalités ». Cette fois, un plan d’action se déclinant en trois grandes initiatives est annoncé et il commence, pour l’instance, en lien avec l'UOIF et l'UMF, par l’organisation d’un colloque national dédié à la radicalisation dans les prochains mois.

Si des initiatives similaires ont été lancées ces derniers mois, elles étaient éparpillées et peu relayées. Il s’agirait cette fois pour les fédérations de réunir des acteurs de la communauté musulmane dans leur plus grande diversité, ainsi que des experts et des professionnels de terrain pour donner une bien meilleure visibilité à leurs discours.

Une mission d'information annoncée

Autre annonce du CFCM, le lancement prochain d'une mission d'information par laquelle l’instance veut organiser des auditions d'acteurs de terrain et de spécialistes afin de « comprendre l'état des divers composants de la nation et dégager des axes d'actions », nous indique Anouar Kbibech, qui succédera à Dalil Boubakeur à la présidence du CFCM en juin 2015.

Enfin, a été notifiée la création d’un numéro vert, en complément de celui du ministère de l’Intérieur, qui sera mis à la disposition des musulmans, « pour que ceux qui ont des questions théologiques et philosophiques sur leur propre religion, jeunes et moins jeunes » puissent trouver au besoin « une écoute et un accompagnement ». Malheureusement, lorsque le numéro vert du ministère est appelé, « il est déjà trop tard », constate Anouar Kbibech. « On veut tuer dans l'œuf le processus de radicalisation. Nous voulons nous positionner en amont par l'éducation », assure-t-il.

Sa déconnexion de la base toujours patente

C’est à travers l’Association de prévention de la violence et du radicalisme (APVR) que le CFCM déclare vouloir porter ses actions. Sa création a été actée en juillet 2014 mais elle n’était jusque là pas active. Les récents événements devraient pouvoir changer la donne. Cependant, l'impact des annonces auprès d'une majorité des musulmans demeure limité, l'institution continuant jusqu'à présent de souffrir d’un désamour profond de leur part.

L'APVR est elle-même constituée des membres du bureau exécutif du CFCM. Se connecter au terrain pour être écouté est un véritable défi qu'elle doit se lancer. « Oui, il faut pouvoir regarder la réalité en face. Beaucoup ne se reconnaissent pas dans le CFCM et la parole de l’institution n’a pas la portée qu’on souhaiterait avoir, elle n’est pas crédible pour les jeunes. C’est aussi sur ça qu’on doit travailler », nous déclare Mohammed Moussaoui, président de l’Union des mosquées de France (UMF).

L’islamophobie, une inquiétude partagée

Parler de la lutte contre l’extrémisme sans évoquer l’islamophobie est impossible pour les fédérations face à l’inquiétude profonde des musulmans quant aux conséquences politiques et sociales produites par les attentats sur la société française. Plus d'une cinquantaine d’actes islamophobes ont en effet été recensés par le ministère de l’Intérieur.

A l'issue de la réunion mercredi, les organisations ont appelé de leurs vœux « à l'unité des musulmans de France face aux actes et aux provocations commis contre leurs lieux de culte et leurs personnes ». Les pouvoirs publics ont aussi leur rôle à jouer pour éviter l’aggravation d’une situation qui met à mal la cohésion nationale. A cette fin, ils ont été invités « à multiplier les déclarations d'unité nationale et à condamner avec force les propos et actes stigmatisant les musulmans de France ». Un appel comme entendu par François Hollande qui leur a adressé, deux jours après, un message à l'Institut du monde arabe (IMA).






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