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L'islamophobie en Europe

| Mardi 19 Décembre 2006

Montée d’agressions, de discriminations en matière d'emploi, d'éducation et de logement à caractère islamophobe en Europe. C'est le constat de l'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC), qui publiait lundi son rapport annuel.



L'islamophobie en Europe

Discrimination et islamophobie

L'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC) publiait lundi son rapport annuel.

L'étude de 117 pages, intitulée "Les musulmans au sein de l'Union européenne: discrimination et islamophobie", examine les données disponibles sur les discriminations et actes d'islamophobie.

Quelque 13 millions de musulmans vivent dans les 25 pays de l'UE, soit 3,5% de la population de l'ensemble. Le rapport "souligne leur vulnérabilité à la discrimination et montre qu'il reste beaucoup à faire" pour qu'ils bénéficient "des mêmes droits à l'égalité de traitement et de la même qualité de vie que les autres Européens", note Beate Winkler, directrice de l'EUMC, basé à Vienne.

"Leur situation défavorisée, les preuves d'une montée de l'islamophobie et les craintes suscitées par des processus d'aliénation et de radicalisation ont déclenché un débat intense dans l'UE", explique-t-elle.

Une acceptation fondée sur l’assimilation

Le rapport précise que les actes de discrimination et les manifestations d'islamophobie, qui vont des menaces verbales aux agressions physiques, restent sous-déclarés. Il évoque des centaines de cas signalés de violence ou de menaces depuis 2004: des actes de vandalisme contre des mosquées et des centres islamiques, des insultes visant des femmes voilées ou encore des agressions, comme cette famille somalienne au Danemark attaquée par un groupe armé de battes de baseball ornées de croix gammées et de slogans racistes.

Selon le rapport, "L'islamophobie" est due à une tendance croissante à associer l'ensemble des musulmans aux actes de terrorisme commis par un petit nombre, se mêle à une xénophobie préexistante, propageant la discrimination dans de nombreux milieux.

L'étude souligne que les "données relatives à des incidents à connotation religieuse sont collectées de façon limitée". Seule la Grande-Bretagne publie une liste de crimes racistes qui identifie spécifiquement ceux commis contre les musulmans.

Les musulmans pensent que leur acceptation est de plus en plus fondée sur l'"assimilation" et l'idée selon laquelle ils devraient perdre leur identité musulmane, souligne Mme Winkler. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, beaucoup ont le sentiment de faire l'objet "d'une suspicion générale de terrorisme", ajoute-t-elle.

Appliquer les directives anti-discriminatoires

Le rapport recommande aux dirigeants de l'UE de faire appliquer pleinement les directives anti-discriminatoires, "Les mesures et les pratiques de lutte contre la discrimination et la marginalisation sociale doivent devenir des priorités politiques", plaide l'EUMC.

L’organisation appelle également à rendre obligatoire une formation de la police à la diversité culturelle, de veiller à l'intégration dans les écoles et d'encourager une couverture médiatique équilibrée afin d'éviter de stigmatiser les musulmans.

Aujourd'hui, les musulmans européens "sont souvent représentés de manière disproportionnée dans les zones où les conditions de logement sont mauvaises, alors que leur réussite scolaire est inférieure à la moyenne et leur taux de chômage, lui, supérieur à la moyenne".

Une situation largement attribuée aux discriminations. Le rapport cite à titre d'exemple une étude française: en 2004, l'université de Paris I a envoyé des curriculum vitae émanant de personnes dont on pouvait deviner l'origine ethnique en réponse à 258 offres d'emploi de vendeur. Résultat: la probabilité d'obtenir une réponse positive était cinq fois moins élevée pour les candidats originaires d'Afrique du Nord.

"Des obstacles freinent la promotion sociale de nombreux musulmans européens, notamment chez les jeunes. Cela peut donner lieu à un sentiment de frustration et d'exclusion sociale", relève le rapport. "Le racisme, la discrimination et la marginalisation sociale sont des menaces sérieuses à l'intégration et la cohésion communautaire".






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