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Société

L’islamophobie de Renaud Camus condamnée, toujours pas Christine Tasin

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Vendredi 11 Avril 2014



Renaud Camus
Renaud Camus
Il aura fallu attendre trois ans pour que les propos islamophobes de Renaud Camus, tenus lors des « Assises internationales sur l'islamisation », soient sanctionnés par la justice mais l’attente a valu le coup.

L'écrivain d'extrême droite a été condamné, jeudi 10 avril, à 4 000 euros d'amende pour incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination pour des propos tenus en décembre 2010 à l'occasion du meeting islamophobe organisé à Paris par Riposte Laïque et le Bloc identitaire, à l’origine, en 2010, de l’apéro « saucisson-pinard ». Ces derniers, prenant source sur Renaud Camus pour alimenter leurs discours xénophobes et racistes, avaient dernièrement manifesté dans les rues parisiennes pour appeler à un référendum contre « l’immigration de masse ».

L'écrivain, connu pour être le théoricien du « grand remplacement », vaste fumisterie consistant à dire que l’immigration chasse hors de France la population « autochtone » (blanche et chrétienne), avait notamment déclaré que les « voyous » d’origine étrangère étaient en réalité des « soldats » qui participaient à une guerre de conquête de l’Europe par l’islam. Pour lui, il existerait un projet secret de « grand remplacement du peuple » par l’organisation de « la fuite des Blancs ».

La 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris a estimé que ces déclarations constituent « une très violente stigmatisation des musulmans, présentés comme des "voyous", des "soldats", "le bras armé de la conquête" », ou encore des « "colonisateurs" cherchant à rendre "la vie impossible aux indigènes", à les forcer "à fuir", "à évacuer le terrain" », « "ou bien, pis encore, à se soumettre sur place" ».

Un philosophe aussi condamné

A l’annonce du verdict, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié des peuples (MRAP), à l’origine de la plainte, s’est félicité de la condamnation de l’écrivain mais aussi de Luc Roche, lui aussi condamné à 2 000 euros d’amende. Intervenant sous le pseudonyme de Jacques Philarcheïn, ce professeur de philosophie avait de son côté prétendu que « les salariés dhimmi (les non musulmans, ndlr) ressemblent de plus en plus à des esclaves modernes qui travailleraient pour subvenir aux besoins de l’Oumma européenne, issue des flux migratoires », rappelle l'association antiraciste.

Les deux prévenus ont été condamnés à verser chacun 500 euros de dommages et intérêts et 500 euros de frais de justice au MRAP. Leur condamnation « constitue un avertissement à toutes celles et ceux qui instrumentalisent les religions de quelque nature qu'elle soit pour exacerber les haines racistes. Il restera très vigilant sur tous les propos de nature raciste, quels qu’en soient les auteurs et quelles qu’en soient les victimes », a-t-il fait savoir dans un communiqué.

Christine Tasin s'enflamme

D’aucuns parmi les fans de Renaud Camus s’insurgent contre sa condamnation, faisant valoir que c’est « la liberté d’expression qu’on assassine » à l'image de Résistance républicaine. « Si demain une armée de cannibales adorateurs du Soleil décidaient d’envahir notre territoire, il faudrait, sous prétexte que ces gens-là ont une religion, ne rien dire et laisser faire ? », a écrit jeudi Christine Tasin, qui continue de sévir en toute impunité sur la Toile.

La présidente du mouvement islamophobe, qui revendique également la paternité des « Assises contre l’islamisation », avait fait savoir, en octobre 2013, combien elle est fière de servir la cause de « la haine de l’islam », qui n’est rien d’autre qu’une « saloperie ». Elle est sous le coup de plusieurs plaintes, dont celle de la Ligue de défense judiciaire des musulmans (LDJM) pour ses propos injurieux.

La machine judiciaire est lancée mais sa lenteur lui laisse encore l'odieux loisir de déverser sa détestation des musulmans. La dissolution des groupuscules d'extrême droite attend encore des voix politiques courageuses de premier ordre qui puissent se saisir de ce combat, ceci pour freiner le développement des discours de haine sur le terrain.






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