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Société

L’intégration française en débat

Rédigé par Fouad Bahri | Vendredi 23 Mars 2007

Organisé par l’agence de promotion des cultures et du voyage, un forum intitulé « de l’immigration à la citoyenneté française » a réuni vendredi 16 mars, au Conseil régional de Paris, politiques, chercheurs et cadres associatifs, pour analyser les causes du retard français sur les questions de diversité.



Mémoire coloniale, discriminations et inégalités sociales. Tels étaient les principaux thèmes abordés dans ce petit colloque, où, au-delà du constat assez négatif sur l’état de la société française en matière de discriminations, a émergé un consensus : la solution est politique ou elle ne sera pas.

C’est l’avis de Nadir Sidhoum, président du mouvement pour une citoyenneté active, selon qui "on ne peut combattre les inégalités qu’en étant insérés politiquement."

C’est le même constat que fait Alima Boulmédienne-Thierry, sénatrice Vert, qui ne veut pas, pour sa part, entendre parler d’égalité des chances. "Il faut parler de l’égalité des droits et non de l’égalité des chances. Au moment de la marche pour l’égalité (en 1983), on nous a écarté. On a crée Sos racisme et on nous a dit, on va lutter contre le racisme."

« Les races n’existent pas, mais les racistes existent »

Un racisme et des discriminations toujours aussi présents, notamment chez les élites intellectuelles et politiques. Khalid Hamdani, consultant chez la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), considère, à ce sujet, que la France est en retard. "Le retard français sur la prise de conscience des problèmes discriminatoires et des solutions à leur apporter, est très grand." Hamdani en veut, pour exemple, l’absence dans les programmes électoral pour les présidentielles, de toute mesure concrète de lutte contre les discriminations. "Si vous voulez savoir si un parti va s’engager dans ce combat, demandez lui quelles politiques a-t-il mené au sein de son parti pour favoriser la diversité, avec procédures et cahier des charges."

La discrimination est donc un problème politique. Comment le résoudre ? Par l’engagement et par le vote. Akli Mellouli, de l’association Prairial 21, qui revendique le mot d’ordre « militant et non courtisan » parle volontiers d’intérêt. "Il existe un intérêt individuel, collectif et général. Nous sommes tous concernés par ces intérêts mais tout le monde ne les classe pas dans le même ordre."

Doit-on pour autant parler d’un vote communautaire ? Pour Patrick Lozes, le président du Conseil représentatif des associations noires, la réponse est non. "Les races n’existent pas, mais les racistes existent. Au Cran, nous ne parlons pas de communauté, car nous regroupons toutes sortes de personnes, noires, blanches, musulmanes, chrétiennes ou agnostiques, hommes et femmes. Il n’est pas nécessaire d’appartenir à la communauté noire pour lutter contre la perception négative que subissent les noirs. Nous préférons parler de minorités, entendu non au sens numérique, mais évalués dans leur représentativité sociale. Les femmes, ne sont pas une minorité au sens démographique, mais elles le sont dans les sphères du pouvoir."





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