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Sur le vif

L'histoire des agressions sexuelles de Francfort, une intox du Bild

Rédigé par Imane Youssfi | Jeudi 16 Février 2017



Ville de Francfort (Allemagne) la nuit
Ville de Francfort (Allemagne) la nuit
Il était temps. C’est un mea culpa que le quotidien allemand Bild a dû publier ce mardi. Dans un article titré « 37 jours après le Nouvel An, les victimes brisent le silence – agressions sexuelles de masse rue Fressgass » le 6 février, le tabloïd revenait sur des agressions sexuelles commises le soir de la Saint-Sylvestre. L’article s’appuyait sur quatre témoignages : un restaurateur, une serveuse de 27 ans et deux autres employés. Les interviewés affirmaient que des réfugiés d’origine « arabe » avaient agressé sexuellement des femmes en pleine ville le soir du 31 décembre 2016.

Seulement, les faits n’ont jamais été confirmés par la police qui a démenti l’information : « Les réfugiés n’ont commis aucune agression sexuelle rue Fressgass le jour de l’An. Les accusations sont fausses ». Les autorités, qui ont interrogé les protagonistes, ont relevé des incohérences dans leur récit. La jeune femme n’aurait pas été en Allemagne au moment des faits tandis que le restaurateur, membre du parti nationaliste AFD, publiait régulièrement des idées xénophobes sur son compte Facebook.

Une énorme erreur de la part du journal qui s’excuse de « ne pas avoir retranscrit la vérité des faits et pour les fausses allégations à l’encontre des personnes concernées ». Gênée, la rédaction soutient que « l’article ne correspond en rien aux standards journalistiques de Bild » et l'a supprimé de son site Internet. Mais le mal est fait. Une enquête interne au sein du quotidien - le plus lu d'Allemagne - va être menée afin de déterminer comment une telle intox a pu être publiée.

Cette histoire n’est pas sans rappeler ce qui s’est produit à la même période en 2016 à Cologne. Des centaines de plaintes avaient été déposées le soir du Nouvel An. dont un grand nombre pour des agressions sexuelles. La plupart de ces agressions avaient été mises sur le dos des réfugiés. La police, qui a procédé à une dizaine d’interpellations, n’a pas retrouvé bon nombre des agresseurs présumés. Mais l'affaire avait eu un sérieux impact sur l'image de la politique d’accueil des réfugiés du gouvernement Merkel auprès d'une partie de l'opinion publique.

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