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Sur le vif

L’UNEF opposée à l’interdiction du voile à l’université

Rédigé par Christelle Gence | Mercredi 4 Mars 2015



L’UNEF opposée à l’interdiction du voile à l’université
Le débat sur le voile à l’université est à nouveau sur le devant de la scène, après la prise de position de la secrétaire d’Etat aux Droits des femmes, Pascale Boistard. Dans une tribune parue sur Mediapart, William Martinet, président de l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF), se dit opposé à l’interdiction du port du voile à la fac. Une position qui tranche avec celle adoptée par le principal syndicat étudiant lors du précédent débat sur le sujet, comme le révélait Saphirnews à l’été 2013.

« Notre syndicat est laïc et féministe, et c’est au nom de ces principes que nous nous opposons à l’interdiction du port de signes religieux par les usagers du service public d’enseignement supérieur », indique d’emblée William Martinet.

Refuser le port du voile à l’université au nom de la laïcité, comme prétend le faire la proposition de loi d’Eric Ciotti, relève d’une manipulation, estime le président de l’UNEF. Le député UMP « manipule la laïcité pour la rendre asymétrique, plus exigeante face à une croyance qu’une autre, et identitaire, dépendante d’une pratique culturelle plutôt que d’un principe politique universel », poursuit William Martinet. Selon ce dernier, la proposition de loi d’Eric Ciotti « n’est pas laïque, elle est islamophobe et raciste : son seul objectif est de stigmatiser les étudiantes qui portent le voile. »

Le refus du port du voile « au nom du féminisme » et du principe d'égalité hommes-femmes, comme l’a récemment évoqué Nicolas Sarkozy, est aussi un argument « manipulé » selon le syndicat étudiant. Si « certains se revendiquant de l’islam » utilisent « le voile comme outil de domination », explique le président de l’UNEF, « il existe une différence entre combattre un système de domination et stigmatiser les femmes musulmanes ».

La laïcité non menacée par le voile

Refusant « de rentrer dans un débat qui devrait définir quel est le degré d’habillement prouvant l’émancipation d’une femme », William Martinet affirme que le combat politique de l’UNEF « consiste à défendre la liberté des femmes à se vêtir comme elles le souhaitent. »

Le président de l’UNEF en profite pour exposer la vision de la laïcité défendue par le syndicat étudiant, construite autour de trois piliers : « la liberté de conscience, la neutralité de l’Etat et le rôle des politiques publiques pour construire du commun dans la société ». Or « aucun d’entre eux n’est remis en cause par le port de signes religieux par les étudiants. » Ceux qui ébranlent la neutralité de l’Etat en matière de laïcité, « ce sont les professeurs qui refusent de faire cours aux étudiantes portant le voile, imposant leur idéologie islamophobe au service public », assure encore le président de l’UNEF.

En plein débat sur le port du voile à l'université en 2013, le syndicat déclarait dans un communiqué - qui n'est plus en ligne sur le site de l'UNEF, constate Saphirnews - « militer contre cette pratique qui enferme les femmes dans une situation de soumission par rapport aux hommes » et avait déclaré « toute action positive entreprise par le gouvernement pour renforcer la neutralité de l’espace public ». Près de deux ans plus tard, et avec l'arrivée en décembre 2013 de William Martinet à la présidence de l'UNEF, le changement est aussi radical que salutaire.

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