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L’Italie, nouvelle présidence de l’union : La méfiance règne.

Rédigé par Bouchene Salem | Mercredi 2 Juillet 2003



 Après la Grèce, c’est au tour de l’Italie de prendre la présidence européenne à partir de ce mardi 1er juillet. Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi veut notamment travailler sur les grands chantiers que sont la finalisation de la constitution européenne et la clandestinité en Europe. Mais le plus gros reste celui de l’activité européenne qui tarde à redémarrer. Pour relancer  la croissance en Europe, l’Italie mise sur une politique de grands travaux. 

 

Une politique de grands travaux

 La présidence tournante de l’union européenne (tous les six mois) revient donc pour ce deuxième semestre à l’Italie avec à sa tête le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi. Ce dernier veut faire renouer l’Europe avec la croissance qui est nulle depuis presque un an. Dans cette perspective, l’Italie a suggéré une liste de chantiers prioritaires en matières d’infrastructures routières, ferroviaires et de navigation jusqu’en 2020. Parmi ces derniers figurent les liaisons entre les 15 et les 10 nouveaux membres et la ligne ferroviaire entre Lyon et Turin. Près de 250 millions d’euros seront nécessaire à la réalisation de ces projets.

 

Enfin un projet de coordination européenne

 Si l’union européenne se débat dans le marasme de la stagnation économique, la faible coordination des 15 n’y est pas pour rien. En effet,  l’entrée dans l’union n’a pu se faire qu’avec le respect du pacte de stabilité qui prévoit notamment que le déficit public de chaque Etat ne doit pas excéder 3% du PIB et qu’il devra à terme tendre vers zéro. Cette mesure implique donc de freiner les dépenses publiques alors que celles-ci représente le principal instrument de relance des économies en cas de stagnation. Au total, les bâtisseurs de l’union ont prévu des instruments pour freiner l’activité mais aucun accélérateur pour la relancer. C’est pourquoi M. Prodi, président de la commission européenne, a pu qualifier le pacte de stabilité de 'stupide'.

 

Si les pays de l’union arrive à se mettre d’accord, ce qui est loin d’être sûr, se programme peut présenter certaines vertus car les politiques de grands travaux ont souvent permis de renouer avec la       croissance, même si de nos jours elles sont d’une efficacité plus limitée. Ainsi on table sur une prévision de croissance de 1,5% pour 2004, ce qui reste important devant les 0,4% prévus pour cette année 2003.

 

Une présidence  qui ne réjouit pas tout le monde.

Cependant, plusieurs capitales européennes jugent sévèrement le président du conseil italien et lui ont adressé un déferlement de critiques publiques. Même le directeur du premier quotidien transalpin, le Corriere della sera, a reconnu que Silvio Berlusconi est perçu en Europe comme une 'anomalie' étant donnés les déboires judiciaires qu’il traîne.

Ainsi un officiel britannique considère que 'ce sera pire que la présidence Grec' et qu’il faut se préparer à une présidence sans grands intérêts et 'peu sérieuse'. Ceci ne va bien évidemment pas arranger les affaires de la future constitution européenne en accentuant les divergences et les conflits d’intérêts.

En Allemagne, où l’on a accueilli le programme de relance proposé par Rome avec peu d’enthousiasme, on compare Berlusconi au parrain étant donné les présomptions de relation qu’il entretiendrait avec la mafia. 

Cette méfiance peut paraître légitime car il est difficile de voir à la tête de la présidence européenne un homme qui compte de nombreux démêlés avec la justice et qui de surcroît aime occuper le devant de la scène. Quels intérêts poursuit-il, ceux des citoyens européens ou bien ceux d’un homme avide de pouvoir ?

 





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