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Religions

L'IESH couronne ses diplômés récitateurs de Coran

Rédigé par Maria Magassa-Konaté | Vendredi 19 Avril 2013

L’Institut européen des sciences humaines de Paris (IESH), situé à Saint-Denis, a décerné, jeudi 11 avril, ses diplômes Ijaza Saint Coran à 21 étudiants. Avec ce sésame en main, ils peuvent enseigner le Coran et font maintenant partie d’une chaîne de lecture qui remonte au Prophète Muhammad. Ce nouveau fait d'arme de l'établissement inscrit davantage la présence des musulmans en France, qui n'ont désormais plus forcément besoin de se rendre à l'étranger pour étudier les sciences coraniques.



Les diplômés Ijaza Saint Coran avec les responsables de l'IESH Paris dont le président de l'établissement Ahmed Jaballah (au centre).
Les diplômés Ijaza Saint Coran avec les responsables de l'IESH Paris dont le président de l'établissement Ahmed Jaballah (au centre).
Ce sont 21 étudiants en Coran qui ont reçu le diplôme Ijaza Saint Coran décerné par l’Institut européen des sciences humaines de Paris (IESH), jeudi 11 avril. Ce diplôme vient couronner leur apprentissage en intégralité du Coran mais aussi leur capacité à le réciter selon des règles bien précises héritées du Prophète Muhammad.

C’est la première fois que l’IESH de Paris a la primeur de récompenser autant d’élèves. L’an dernier, ils étaient 12 et, en 2011, ils furent 10, nous indique Ammar Rouibah, le responsable de développement des ressources de l'établissement privé.

L'Ijaza, un passeport pour l’enseignement du Coran

Pour obtenir l'Ijaza, les étudiants ont passé un oral devant un de leurs professeurs, un « maître » qui a validé leur récitation. « La spécificité de l’Ijaza » est qu’il repose sur des règles « très pointilleuses », note M. Rouibah. « Avoir l'Ijaza de Coran veut dire en arabe la permission d'enseigner la psalmodie du Saint Coran, c’est aussi le plus haut degré de perfection de lecture de Coran. Pour l’obtenir, l’élève doit réciter le Coran de mémoire du début jusqu'à la fin en observant toutes les règles de lecture », explique-t-il.
 
« L’Ijaza habilite à l’enseignement. Sa principale mission est l’enseignement », insiste-t-il. Outre l'apprentissage par cœur du Livre sacré, l’effort supplémentaire réside dans le fait de respecter, notamment dans la prononciation, des règles, les mêmes utilisées par le Prophète Muhammad et enseignées par le maître de l’élève. « Cette lignée s’appelle "sanad". Cette tradition permet de transmettre le Coran dans son authenticité aux générations futures comme il a été révélé au Prophète », commente M. Rouibah.

« Nous devons aussi réciter un poème qui est un résumé des règles du tajwid (lecture psalmodiée du Coran, ndlr) », fait savoir Hanane Chafiq, qui précise qu’un savoir minimal à connaître sur la jurisprudence islamique (fiqh) est également pris en compte dans leur évaluation. Comme tous les diplômés d'avril 2013, cette jeune maman de 34 ans a validé l’Ijaza en juin 2012, à la fin des cours.

Des femmes aussi au top niveau

L’ensemble des diplômés est jeune, avec une moyenne d’âge située dans la trentaine. « Le plus jeune a 23 ans ; et la plus âgée, 39 ans », précise M. Rouibah. « Cinq étaient étudiants à temps complet à l’IESH, mais les autres occupaient un emploi » lors de la validation de l'Ijaza, ajoute-t-il.

Sur les 21 diplômés, 11 sont des femmes comme Hanane. Celle-ci a mis une quinzaine d’années à apprendre le Coran. « J’ai pris mon temps. En parallèle, je faisais mes études de médecine », raconte-t-elle. En 2008, lorsqu’elle s’inscrit à l’IESH de Paris, il lui reste 45 hizb (parties) du Coran sur 60 à apprendre mais elle parvient, en un an et demi, à terminer la mémorisation intégrale du Coran en suivant des cours du soir, trois fois par semaine.

« Le plus dur, c’est la révision car le Coran s’oublie vite », note-t-elle. Pour Yaly Bramé, une autre diplômée, c’est aussi la révision qui fut le plus difficile, plus que la prononciation et l’apprentissage. « J’ai commencé par la langue arabe pendant trois ans à l’IESH car c’est la base et je ne regrette pas ce choix. C’est plus facile, par la suite, d’apprendre », explique la jeune femme, qui a démarré les cours de Coran en 2009 jusqu’à l’année passée, à raison de cours hebdomadaires, du lundi au vendredi, de 9 h à 13 h.

Un apprentissage du Coran en France

Aujourd’hui fraîchement diplômées, Hanane et Yaly comptent bien continuer à enseigner. Les deux mamans donnaient déjà des cours de Coran quand ces ex-étudiantes ont commencé à avoir un niveau élevé. Elles peuvent à présent brandir fièrement leur diplôme. A 30 ans, Yaly consacre en ce moment tout son temps à l’enseignement et Hanane, actuellement en congé maternité, compte en faire de même tout en exerçant sa profession de médecin.

Elles n’ont pas eu besoin de franchir les frontières pour bénéficier d’un enseignement diplômant. L’excellence dans l’apprentissage du Coran en France est d'ailleurs reconnue, comme le prouve la remise du prix du meilleur institut de Coran à l’Institut européen de sciences humaines (IESH) de Château-Chinon en Bourgogne, en août 2012.

Que les musulmans de France n’aient plus besoin de voyager pour apprendre le Coran, comme cela était courant par le passé, est « une fierté pour la France », juge Ammar Rouibah. « On a tout à disposition ici », déclare Yaly, qui a persévéré grâce à une professeure de l’IESH, qui lui a « transmis le goût d’en apprendre plus ». Avec ces nouveaux diplômés, la communauté musulmane en France n'en est que plus enrichie au niveau tant religieux qu'intellectuel.







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