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Sur le vif

Iran: l'Elysée charge les médias américains

| Vendredi 2 Février 2007



Jeudi, la charge de l'Elysée contre les médias américains, accusés d'avoir voulu "faire feu de tout bois contre la France" dans la polémique diplomatico-médiatique sur le nucléaire iranien, illustre les relations cahoteuses entre Jacques Chirac et les Etats-Unis.

Jacques Chirac a minimisé la menace d'une bombe atomique iranienne, assurant que Téhéran serait "rasée" si l'Iran lançait une attaque nucléaire sur Israël, dans une interview qu'il a ensuite rectifiée.

L'entretien avait été accordé par M. Chirac à deux journaux américains - le New York Times et l'International Herald Tribune - ainsi qu'à l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur. Ces trois journaux ont fait jeudi une large place au cafouillage présidentiel. Par surcroît, l'IHT a décrit un chef de l'état français distrait, la main "légèrement tremblante", hésitant sur des noms propres.

La présidence française a vu dans ces articles la volonté de "déclencher une polémique honteuse sur un sujet où l'engagement de la France et du président de la République a toujours été constant et déterminé".

"Cela ne nous étonne pas de la part de certains médias outre-Atlantique, qui n'hésitent pas à faire feu de tout bois contre la France", a-t-on ajouté de même source.

Jeudi soir, la ministre de la défense Michèle Alliot-Marie a dénoncé à Paimpol (Côtes d'Armor) le "parti pris de certains journaux d'outre-Atlantique". "Comme cela a été dit par l'Elysée, il y a un certain parti pris de certains journaux d'outre-Atlantique dont on peut se demander s'ils ne font pas exprès de ne pas comprendre", a-t-elle déclaré.

Ce genre de réaction virulente est d'autant plus exceptionnelle que, même dans la tempête provoquée aux Etats-Unis par l'opposition de Jacques Chirac à la guerre en Irak en 2003, le président français s'était abstenu de verser de l'huile sur le feu et avait plutôt tenté de séduire les médias américains.

Mais il est vrai que, à quelque trois mois de la fin de son second mandat, Jacques Chirac a retrouvé en plusieurs occasions une posture anti-américaine, une position généralement bien vue en France, en pleine campagne présidentielle.

Devant les diplomates étrangers au début de l'année, il s'était ainsi livré à une critique en règle de l'intervention américaine en Irak, la qualifiant d'"aventure" et affirmant qu'elle avait favorisé le développement du terrorisme.




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