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Société

Ils n'ont plus le droit de vendre leur histoire

| Mardi 10 Avril 2007

Après avoir autorisé les 15 marins récemment libérés d'Iran à vendre leur histoire dans les médias, le ministère britannique de la Défense est revenu sur sa décision après que de nombreuses personnalités de l'armée et du monde politique se sont plaintes de cette mesure.



Les 15 marins britanniques après leur libération
Les 15 marins britanniques après leur libération
A peine rentrés à Londres, les 15 marins britanniques libérés après 13 jours de détention en Iran, ont été autorisés par le ministère de la Défense à parler aux médias de leur histoire contre rétribution.

Le personnel militaire est d'ordinaire tenu à une obligation de réserve lui interdisant la conclusion de tout accord financier avec les médias. Cette interdiction a été levée en raison des "circonstances exceptionnelles", a précisé dimanche le ministère de la Défense, avant qu'il ne revienne sur sa décision.

"L'impression d'être une traître"

Les premiers récits ont été publiés lundi dans les quotidiens "The Sun" et "The Daily Mirror". Le "Sun" a réussi un joli coup en recueillant le témoignage Faye Turney, la seule femme du groupe. Les termes financiers du contrat n'ont pas été divulgués.

Faye Turney, 25 ans, affirme qu'elle a été séparée de ses collègues et isolée pendant des jours. Elle était convaincue que les autorités iraniennes prenaient ses mesures pour lui fabriquer un cercueil. Ses geôliers lui ont raconté que tous ses camarades étaient rentrés chez eux et l'ont contraint de se déshabiller. Ils lui ont ensuite lancé un pyjama en coton pour qu’elle l’enfile.

Elle assure par ailleurs que les autorités iraniennes lui avaient soutiré la "confession" dans laquelle elle avoue être entrée dans les eaux iraniennes. Dans un entretien avec la chaîne ITV diffusée lundi, elle dit avoir "eu l'impression d'être une traître" lorsqu'elle a écrit le courrier en question. "Je n'avais pas le choix. Si je n'avais pas obéi, j'aurais été inculpée d'espionnage".

Nouveaux enregistrements

Dans son récit, Arthur Batchelor, 20 ans, benjamin du groupe, confesse avoir "pleuré comme un bébé" après avoir été jeté dans sa cellule, les mains ligotées et les yeux bandés, sous les quolibets de ses geôliers.

"J'était complètement épuisé par la pression. Il y a eu des moments où j'ai eu peur d'être violé ou tué", avoue-t-il dans une interview publiée par le Daily Mirror.

Dimanche, l'Iran a diffusé de nouveaux enregistrements vidéo montrant les marins britanniques capturés le 23 mars en train de jouer aux échecs ou de regarder la télévision, en réponse aux allégations selon lesquelles les militaires ont constamment fait l'objet de pressions psychologiques durant leurs 13 jours de détention.

"Profondément choqué"

Lundi, certaines voix se sont élevées pour dénoncer cette décision. Reg Keys, dont le fils Thomas est mort en Irak il y a quatre ans, a accusé le gouvernement d'utiliser les marins pour poursuivre la bataille des mots avec l'Iran. "Il y a des gens déployés en Irak avec des histoires beaucoup plus intéressantes qui ne sont pas autorisés à s'exprimer dans les médias", a-t-il lâché. "Quand mon fils est mort, ses collègues n'ont pas été autorisés à en parler à leur famille".

L'ancien ministre de la Défense Michael Heseltine s'est dit "profondément choqué" par cette décision. Il est "extraordinaire que des gens qui prennent chaque jour des risques calculés avec leur vie gagnent des sommes relativement petites, alors que ceux qui ont été pris en otage, dans des circonstances qu'il est bon d'explorer, peuvent se remplir les poches", a-t-il dit sur la BBC.

Face à la polémique, le gouvernement a réaffirmé lundi que le personnel militaire ne serait pas autorisé à raconter leur histoire dans les médias en échange d'argent. Cette interdiction ne s'applique pas aux quinze marins, précise un porte-parole du ministère.





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