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Religions

Fin du monde le 21 décembre : pourquoi les musulmans n’y croient pas

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Jeudi 20 Décembre 2012

Le monde se prépare à l’Apocalypse vendredi 21 décembre. Enfin, pas tous : uniquement ceux qui croient à cette prédiction qui aurait été faite par les Mayas voilà des milliers d’années. Des heureux élus auront même la chance de vivre les jours suivants. Parmi les infidèles de cette croyance, on compte les musulmans, qui ont une lecture bien précise de ce qu’est la fin du monde. Des explications s’imposent.



Fin du monde le 21 décembre : pourquoi les musulmans n’y croient pas
La croyance au Jour du Jugement dernier et, de facto, à la fin du monde et à la Résurrection est un des piliers de la foi pour les musulmans. Aucun homme sur Terre ne sait quand son heure – la mort – se présentera à lui ; il en va de même pour l’Heure qui sonnera la fin des temps. C’est pourquoi toute idée que l’Apocalypse puisse être prédite est considérée comme farfelue par les musulmans : Dieu Seul le sait, disent-ils tous, bien que des signes annonciateurs – mineurs et majeurs – aient été révélés pour éclairer les croyants.

A ce titre, les versets 42 à 46, extraits de la sourate du Coran « Les Anges qui arrachent les âmes » (« An-Nazi’ate »), sont clairs : « Ils t'interrogent au sujet de l'Heure : “Quand va-t-elle jeter l'ancre” / Quelle (science) en as-tu pour le leur dire ? / Son terme n'est connu que de ton Seigneur. / Tu n'es que l'avertisseur de celui qui la redoute / Le jour où ils la verront, il leur semblera n’avoir demeuré qu’un soir ou un matin. »

L’idée même que des hommes aient une chance de survivre à l’Heure leur est même inconcevable car, par essence, celle-ci signe aussi l'arrivée du Jour des comptes où chaque personne sera rétribuée en fonction de ses actions. Paradis ou Enfer, Dieu en décidera, selon la tradition islamique.

Les « survivalistes » sur les dents

Or des millions de personnes aux quatre coins de la planète attendent avec fébrilité la fin du monde dans la journée du vendredi 21 décembre ; d’autres, en revanche, l’attendent pour le 23 décembre. La grande majorité se sont même préparés sérieusement à survivre le jour d’après. Les reportages autour des « survivalistes » se sont multipliés tout au long de l’année 2012 : on y voyait des familles entières, aux Etats-Unis ou ailleurs, préparer des tonnes de denrées alimentaires dans des bunkers sécurisés – souvent très confortables et high-tech ! – censés protéger de toutes les catastrophes naturelles.

En France, les adeptes de cette croyance se retrouvent à Bugarach, un petit village de l'Aude (200 habitants), seul endroit au monde qui échapperait à la fin du monde. Une croyance qui fait doucement rire chez les musulmans car l’Apocalypse est censée n’épargner aucun lieu et aucune personne. En prévision d'une invasion d'étrangers (Français compris) au village, celui-ci est placé sous haute surveillance jusqu’au 23 décembre.

Le calendrier maya pris trop au sérieux

Les responsables de tout ce remue-ménage : les Mayas… ou plutôt ceux qui estiment les connaître. Le calendrier de cette civilisation millénaire se termine le 21 décembre 2012. Il suffit de peu pour les prédicateurs pour dire que c’est le jour de la Fin.

Pour les spécialistes plus sérieux du fait maya, le 21 décembre ne correspond absolument pas à l’Apocalypse mais à la fin d’un cycle de 5 200 ans pour le début d’un autre grand cycle. Car le calendrier que les survivalistes prennent pour argent comptant a été élaboré il y a bien cinq millénaires et a même été oublié par les Mayas dès le Xe siècle, fait savoir Michel Hoppan, spécialiste de l'écriture maya au CNRS, sur LCI.

Plus encore : elle signerait le retour d’une divinité appelée Bolonyocte, supposé être un Dieu des enfers. Pour les musulmans, comme les croyants en un Dieu unique, cette croyance n’en sera que trop.

L’Apocalypse, un énorme business

Si cette histoire fait bien des victimes consentantes, elle rapporte gros pour les vendeurs de prédictions et autres charlatans en tout genre.

Plus pragmatiques, les professionnels du tourisme et de l’hôtellerie ont aussi été nombreux à surfer sur le mythe maya pour vendre des séjours au Mexique ou à Bugarach. Des promoteurs immobiliers se sont lancés ces dernières années dans la construction de bunkers, qui se sont achetés à prix d’or. Les stages de survie ont été très lucratifs pour ceux qui les assurent.

Quant à Hollywood, l'industrie cinématographique surfe à gogo sur les films catastrophes sensés conter la fameuse fin du monde, le film le plus emblématique étant encore « 2012 ». Sorti en 2009, il a engrangé dans le monde la coquette somme de 770 millions de dollars (582 millions d’euros) pour un budget de production élevé à 200 millions de dollars.

Tant redoutée par les croyants des trois religions monothéistes, la fin du monde ne peut se résoudre à arriver telle qu'imaginée par les adeptes des Mayas. 182 fois que l'Apocalypse a été prédite par le passé. Le 21 puis le 23 décembre passeront et il y a fort à parier que de nouvelles prédictions viendront se succéder. Business is business, les gourous des temps modernes veillent au grain.






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