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Cinéma, DVD

Fastlife : Thomas Ngijol, sportif looser et bling bling à l'âme attachante

Rédigé par | Mercredi 16 Juillet 2014



« Fastlife », de Thomas Ngijol, n'est pas tant un film sur un sportif dévalant la pente descendante de sa carrière : il est davantage une étude de personnage mégalo qui en devient pour cela pathétique... et donc risible. (Photo : © John Waxxx/D8 Films)
« Fastlife », de Thomas Ngijol, n'est pas tant un film sur un sportif dévalant la pente descendante de sa carrière : il est davantage une étude de personnage mégalo qui en devient pour cela pathétique... et donc risible. (Photo : © John Waxxx/D8 Films)
Franklin Ebagé (Thomas Ngijol), trentenaire vieillissant, ancien athlète au 100 m médaillé d’argent aux jeux Olympiques, essaie coûte que coûte de retrouver sa superbe. Le temps de la gloire est passé, mais, looser pathétique, Franklin garde ses goûts pour la tchatche facile avec les filles, les amitiés douteuses avec les chanteurs de rap, le look forcément bling-bling. Difficile de se défaire de l’ivresse des sunlights.

« Que veux-tu faire plus tard ? », lui demandait son ami d’enfance lorsqu’il courait dans la savane sur le chemin de l’école, dans son pays natal, le Cameroun. « Je veux briller ! », ambitionne le jeune Franklin. « Briller, c’est pas un métier ! », lui rétorque son camarade, qui, lui, rêve, de devenir champion de karaté.

Briller, Franklin sur le déclin, va essayer de s’y atteler. Et l’on suit les déambulations de ce grand échalas coureur de fond, davantage coureur de jupons qu’athlète de haut niveau, aussi musclé qu’un moustique. L’on suit ses déboires avec sa petite amie Pauline (Karole Rocher) : « Cela fait neuf ans que l’on vit ensemble et tu ne sais même pas ce que je fais dans la vie » ; ses accrochages avec son manager Lionel (Julien Boisselier), prêt à laisser tomber Franklin, le has been, pour de nouveaux contrats juteux avec des jeunes poulains footballeux pleins d’avenir.

Fastlife − dont l’accroche mise sur les affiches « En toute humilité je suis né pour briller » résume bien le pitch – est le premier film réalisé entièrement par Thomas Ngijol, après être passé par la coréalisation du très réussi Case Départ et son interprétation outrancière de dictateur dans Le Crocodile du Botswanga.

Fastlife reste un film inégal : l’humour pointe ici et là, sans nous faire éclater de rire ; et les frasques de l’athlète en mal de célébrité après avoir connu un zeste de firmament sportif apparaissent comme une métaphore de ce que pourrait être la vie d’artiste – celle que vit ou craint Thomas Ngijol, lui-même ? −, avec ses hauts et bas, ses adoubements et ses dégringolades.

Quelques scènes tournées au Cameroun sont particulièrement bienvenues, on y sent le besoin (et le désir) de Thomas Ngijol de tourner dans son pays d’origine et de faire la part belle aux acteurs locaux. Le personnage de l’ami d’enfance qui n’a pas réussi à devenir champion de karaté et est devenu un simple épicier est particulièrement bien campé.

Le retour aux sources et accessoirement à la religion (chrétienne) est assez emblématique des jeunes nés en France qui ont goûté aux paillettes de la vie (facile et éphémère) et ont besoin de retourner sur la terre de leurs ancêtres : « Ici je me suis redécouvert », dit le personnage de Franklin, une phrase que beaucoup prononcent une fois revenus au pays, qui cache cependant aussi son lot de désillusions.

Quelques dialogues sont bien trouvés (coécrits avec Mohamed Issolah). La fin du film est à l’image du réalisateur : autodérisoire et sarcastique.

Cela ne fait pas de Fastlife un grand film, qu’on pourra cependant aller voir parce que Thomas Ngijol en est tout à la fois le réalisateur, le scénariste et l’interprète et qu’on se dit qu’il faut bien découvrir son premier film, en attendant avec impatience son second…





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