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Monde

Exécution de deux co-accusés de Saddam Hussein

| Lundi 15 Janvier 2007

Ce matin très tôt, le demi frère de Saddam Hussein et l’ancien président du tribunal révolutionnaire irakien ont été pendus à leur tour. Accusé de crime contre l’humanité, Barzan Ibrahim al-Tikriti et Aouad Hamed al-Bander partageaient le banc des accusés avec Saddam Hussein pour l'assassinat de 148 villageois chiites à Doudjaïl, en 1982.



Saddam Hussein et Barzan lors du procès.
Saddam Hussein et Barzan lors du procès.
« Les deux condamnés ont été pendus », a déclaré lors d'une conférence de presse le porte-parole du gouvernement, Ali al-Dabbagh. Il a précisé que les deux hommes avaient été exécutés vers 03h00 (00h00 GMT). « Le cas est rare, mais la tête de Barzan s'est détachée de son corps pendant l'exécution », a ajouté le porte-parole. Les corps de Barzan Ibrahim al-Tikriti, demi-frère de Saddam Hussein, et d'Aouad Hamed al-Bander seront remis à leur famille, a poursuivi le porte-parole du gouvernement irakien.

Ancien chef des services de renseignement, Barzan était l'un des dignitaires les plus craints du régime de Saddam Hussein. Il avait dirigé les Moukhabarats (services de renseignements) de 1979 à 1983. D'après des témoins entendus au procès, Barzan, de quatorze ans le cadet de Saddam Hussein, avait personnellement assisté à des tortures. Il avait été capturé en avril 2003 par les forces spéciales américaines à Bagdad. D'après le gouverneur de la province de Saladin, Barzan, qui était âgé de 55 ans, devrait être inhumé au cimetière d'Aoudja, près de Tikrit, là même où repose la dépouille de Saddam Hussein.

Bander présidait lui le Tribunal révolutionnaire qui a condamné à mort les 148 chiites de Doudjaïl, un village au nord de Bagdad où Saddam Hussein a échappé en 1982 à une tentative d'assassinat.

Images et information

L'exécution expéditive de Saddam, quatre jours à peine après le rejet de son appel, et cet environnement particulier avait provoqué une condamnation internationale. Beaucoup y voyait non pas un acte de justice, mais une vengeance confessionnelle susceptible de nourrir les violences entre chiites et sunnites d'Irak.

Contrairement à la mise à mort de Saddam Hussein, qui a donné lieu à des débordements et des controverses, les autorités irakiennes ont tenté de contrôler le flot d'informations. Entre l'exécution des deux hommes et sa confirmation officielle, il s'est écoulée près de huit heures. Ce délai, a expliqué un responsable, s'explique par la volonté du gouvernement de Nouri al Maliki d'éviter une répétition de ce qui s'était passé pour Saddam Hussein.
Des images de la pendaison de l'ex-raïs avaient été rapidement diffusées après sa mort, et une vidéo apparemment tournée avec un téléphone portable et montrant la totalité de l'exécution circule sur internet. On y entend des chiites prendre à partie et se moquer de Saddam Hussein quelques instants seulement avant que la trappe ne se dérobe sous ses pieds.

Morts par imitation ?

Cette exécution de Saddam Hussein le 30 décembre a marqué les esprits dans le monde, y compris ceux de plusieurs enfants et adolescents. Nombreux sont ceux qui semblent avoir voulu rejouer la scène de la pendaison en y laissant leur propre vie.

Au Yémen, au moins deux jeunes garçons ont péri et un troisième s'est grièvement blessé dans ce qui apparaît comme des "reconstitutions" des derniers instants de Saddam Hussein. Ainsi, selon un responsable de la sécurité, un collégien de 13 ans s'est tué après avoir regardé l'exécution à la télévision, qui l'avait fortement impressionné. Quand sa famille est rentrée, il était pendu à un arbre, a déclaré son cousin, Yahya al-Hammadi.

Dans l'est du Pakistan, à Rahim Yar Khan, c'est un garçon de neuf ans qui a succombé alors que sa mère, l'ayant trouvé en pleurs après sa tentative manquée, l'amenait à l'hôpital. Mubassahr Ali « a utilisé un long morceau de tissu, l'a accroché au ventilateur du plafond et a noué l'autre extrémité à son cou. Il est monté sur une chaise et est tombé », selon un responsable de la police locale, Sultan Ahmed Chaudhry.

En Arabie saoudite, un enfant de 12 ans a été découvert mort par son frère, une corde autour du cou, suspendu à une porte de fer, selon le journal "Okaz", qui cite le frère.

Aux Etats-Unis, un garçon du Texas âgé de dix ans s'est également pendu à des lits superposés le 31 décembre après avoir regardé les informations sur la mort de l'ex-dictateur au journal télévisé; et en Turquie, un autre enfant, de 12 ans, s'est tué de la même façon après avoir lui aussi vu les images de l'exécution sur le petit écran. Les médias d'Algérie et d'Inde ont fait état de cas similaires invérifiables de façon indépendante.

Certains, experts ou membres des familles touchées, montrent du doigt la télévision et Internet, qui ont diffusé les images tournées par le gouvernement de Bagdad mais aussi celles enregistrées clandestinement, apparemment avec des téléphones portables, par des personnes qui assistaient à l'exécution. Ces vidéos ont déclenché une polémique sur la façon dont s'étaient déroulés les derniers instants de Saddam Hussein.

Pour Hisham Ramy, professeur de psychiatrie à l'Université Ain Shams du Caire, les vidéos violentes peuvent affecter gravement des enfants qui ne saisissent pas encore les conséquences de la mort et de la violence. « Ils voient comment c'est fait mais ne pensent pas que ce soit horrible et sont davantage (que des plus grands) susceptibles d'imiter » la scène, explique-t-il. Mais à Koweït City, le pédopsychologue Jasem Hajia met en garde contre la tentation de tout mettre sur le compte de ces images. « C'est extrême. Je pense que ces enfants souffraient déjà de désordres physiologiques », avance-t-il.





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