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Sur le vif

Egypte : Human Rights Watch dénonce « une épidémie de torture » dans les prisons (vidéo)

Rédigé par Linda Lefebvre | Vendredi 8 Septembre 2017



Manifestation au Caire, le 25 janvier 2011
Manifestation au Caire, le 25 janvier 2011
Dans un rapport publié mercredi 6 septembre, Human Rights Watch (HRW) dénonce « la torture généralisée » dans les prisons et postes de police égyptiens et considère qu’elle constitue « probablement un crime contre l’humanité ».

« La torture est devenue la carte de visite des services de sécurité », insiste HRW dans son rapport sur l’utilisation de la torture en Egypte. Indiquant que la police utilise les mêmes méthodes qui ont motivé le soulèvement populaire de 2011, l’ONG souligne que le ministère de l’Intérieur a « utilisé de façon répandu les arrestations arbitraires, les disparitions forcées et la torture à l’encontre des supposés dissidents, la plupart accusés d’être membres ou sympathisants des Frères musulmans ».

A ce jour, la Coordination égyptienne pour les droits et libertés (CEDL), organisme de défense des droits de l’Homme, comptabilise 30 décès liés à des sévices infligés par les services de sécurité, entre août 2013 et décembre 2015.

S’appuyant sur 19 témoignages détaillés de détenus entre 2014 et 2016, HRW dénonce « les arrestations arbitraires, la torture et les interrogatoires durant les disparitions forcées (…) et le délibéré avant présentation au procureur, lequel fait souvent pression sur les détenus afin qu’ils confirment les aveux et ne prend aucune mesure pour enquêter sur les violations de droits. » Pour conclure, « la torture systématique et l’impunité ont créé un climat dans lequel ceux qui sont abusés ne voient aucune chance de demander des comptes aux responsables », résume l’organisation, qui a réalisé une vidéo issue de témoignages de victimes de tortures.

Présentant plusieurs recommandations, le rapport enjoint notamment l’Egypte à nommer « un procureur spécial ou un inspecteur général pour enquêter et poursuivre les responsables d’actes de torture ».

Le ministère égyptien des Affaires étrangères a, quant à lui, indiqué que « ces témoignages ne sont pas documentés, il n’y a aucune preuve. » Selon BBC Afrique, le porte-parole du gouvernement égyptien a souligné que HRW « ignore les mesures prises par les autorités pour poursuivre les responsables d’actes de torture. » L'ONG a fait savoir, vendredi 8 septembre, que son site internet avait été bloqué en Egypte suite à la publication du rapport.

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