Dans un entretien accordé à l’AFP, le président de la Haute Autorité, Louis Schweitzer, a souligné l’apport positif de son institution dans le suivi des dossiers, qu’ils aient fait l’objet d’une médiation ou qu’ils soient passés en justice. C’est ainsi qu’une jeune femme licenciée pour cause de grossesse s’est vu attribuer la somme de 200 784 euros de dommages et intérêts, et une victime d’une discrimination homophobe s’est vu attribuer 560 000 euros.
Hormis ces opérations éclatantes, vu de plus près, le rapport dresse un constat bien plus sombre : en effet, seuls 27 % des requêtes sont traités, et plus de la moitié a été jugée irrecevable. Manque de moyens ou incompétence ? SOS Racisme, lui, pointe du doigt un
« manque flagrant de volonté politique pour lutter contre les discriminations » (AFP).
Alors que le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) relevait une hausse de plus de 40 % des discriminations islamophobes depuis le début de cette année, la HALDE a diffusé en avril dernier une
« délibération relative aux règles fixées par la loi et la jurisprudence pour l’expression religieuse dans l’entreprise », en vue de limiter les contentieux, de plus en plus dénoncés par des musulmans victimes d’une mauvaise application de la loi sur la laïcité du 15 mars 2004. Ainsi, en 2008, lorsque la HALDE s’est positionnée en faveur des accompagnatrices scolaires qui portent le foulard.
Des avancées jugées trop timides par certains, mais saluées tout de même par les citoyens de confession musulmane.