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Monde

Dalia Mogahed, la nouvelle conseillère d'Obama

Rédigé par Anissa Ammoura | Mardi 26 Mai 2009

Un conseil consultatif d'associations religieuses et laïques, institué début février par le président des États-Unis Barack Obama, accueille en son sein la première américaine musulmane et portant le voile à la Maison Blanche. Cette directrice des études islamiques de l'Institut Gallup, d'origine égyptienne, n'est pas une débutante : en témoigne un ouvrage de 2008, coécrit avec un professeur d'université, « Qui parle au nom de l'islam ? », et qui représente l'étude la plus importante et la plus représentative jamais faite sur la population musulmane mondiale.



Dalia Mogahed, la nouvelle conseillère d'Obama
Elle est Américaine, musulmane et voilée… et travaille à la Maison Blanche. Mais Dalia Mogahed a été choisie pour ses compétences. Ainsi, cette jeune femme, d'origine égyptienne, directrice exécutive du département des études islamiques du célèbre Institut de sondages Gallup, fait partie des nouveaux conseillers de Barack Obama.

Depuis le 5 février dernier, en effet, elle est membre de l’Advisory Council on Faith-Based and Neighborhood Partnerships, un conseil consultatif d’associations religieuses et laïques, qui rassemble vingt-cinq personnes de toutes confessions. La jeune femme y siège au côté, notamment, d’une deuxième personnalité de confession musulmane, le Dr Eboo Patel.

Selon le gouvernement américain lui-même, la mission du nouveau bureau qui accueille ce conseil consultatif − qui existait sous une autre forme dans les anciennes administrations − est « de renforcer et d'aider les organisations confessionnelles qui fournissent de l'assistance au peuple américain ».

Le bureau, composé d'une cinquantaine de personnes, est présidé par Joshua Dubois, un pasteur pentecôtiste âgé de 26 ans. En plus du dialogue interreligieux, le bureau a en charge l'étude, notamment, « des différentes mesures qui contribueraient à renforcer le rôle des pères, à réduire la pauvreté et à diminuer le nombre des interruptions volontaires de grossesse ».

Quant au conseil, son rôle est, selon Dalia Mogahed, de « trouver des solutions aux problèmes de société, en puisant dans la sagesse des communautés de foi »*. Les membres auront également en charge d'« étudier la façon de mettre en vigueur la politique portant sur les organisations confessionnelles et d'autres groupes sociaux de proximité ».
Le conseil produira ensuite un rapport annuel assorti de recommandations, à l'attention du président Barack Obama, dont la politique aspire à resserrer les liens entre les États-Unis et les musulmans d'Amérique et du monde entier.

Plus précisément, Dalia Mogahed est spécialisée, au sein de ce conseil, dans le « dialogue interreligieux (...). Mon rôle, précise-t-elle, est de transmettre les faits au sujet de ce que les musulmans pensent et ressentent ».

Un rôle de médiateur qu'elle pourra aisément endosser : Dalia Moghaed est en effet co-auteure d'un ouvrage important, sorti en 2008, Who Speaks for Islam? (Qui parle au nom de l'islam ?), avec John Esposito, célèbre professeur d'études islamiques à Georgetown University. L'ouvrage est le résultat d'une vaste enquête, qui a nécessité six années de recherche, reposant sur plus de 50 000 entretiens auprès de musulmans vivant dans plus de 35 pays, dont la population est majoritairement ou en partie musulmane.
Cette étude est la plus importante du genre et la plus représentative, puisqu'elle représente plus de 90 % de la communauté musulmane mondiale.

« L'islamophobie aux États-Unis est bien réelle, constate Dalia Mogahed. Selon les études Gallup, les musulmans font partie des groupes les plus mal perçus aux États-Unis et seulement un peu plus d'un tiers des Américains disent qu'ils n'ont pas de préjugés contre les musulmans. Cela représente un grave danger pour l'ensemble de l'Amérique. »*

Dalia Mogahed semble ainsi être l'une des personnes les mieux placées pour éclairer les hautes sphères de l'État américain sur les musulmans. «Ma tâche consiste à aider le président des États-Unis à mieux connaitre les musulmans, loin du prisme déformant de la violence », a-t-elle annoncé.
Mais, selon elle, « les Américains de confession musulmane sont en retard sur les autres Américains dans leur participation civique. Ils doivent s'impliquer pleinement. »

Diplômée en administration des affaires et en génie chimique, Dalia Mogahed estime qu'elle a été « extrêmement bénie » dans son parcours scolaire et professionnelle, et que, pour elle, sa religion n'a visiblement jamais été un frein : « Une fois que les gens me connaissent, je suis une professionnelle pour eux, pas une femme en hijab. »



* « Obama’s Muslim Conseiller », Islamonline, 28 avril 2009.


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