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Monde

Turquie: Obama à la reconquête du monde musulman

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mardi 7 Avril 2009

La tournée européenne du président américain s’achève mardi en Turquie. Premier pays musulman pour qui il accorde sa première visite, Barack Obama souhaite resserrer ses liens avec le monde musulman et réhabiliter l’image américaine, ternie par son prédécesseur. Au-delà de ce constat, ce sont surtout ses relations avec la Turquie, son « allié déterminant » dans l’échiquier régional, qui sont en jeu.



Après une tournée marathon à Londres, Strasbourg puis Prague, c'est au tour d'Ankara d'ouvrir ses portes au tout nouveau président américain. Arrivé dimanche soir pour une visite de deux jours, Barack Obama a été accueillie en grande pompe en Turquie, pour qui il accorde son premier voyage dans un pays musulman. Un geste fort apprécié de l'opinion publique turque: dans un récent sondage publié récemment dans un journal turc, 40% estiment qu'il est « le dirigeant politique le plus fiable ». Mais Obama ne s'arrête pas là. En ternissant l'image et les relations avec la Turquie, l'administration Bush a laissé des traces depuis son intervention en Irak en 2003.

Turquie: Obama à la reconquête du monde musulman

La Turquie, un allié précieux

« L’administration Obama souhaite être plus à l’écoute des problèmes régionaux et le président bénéficie d’une excellente popularité en Turquie et dans le monde arabe contrairement à l’ancienne administration », affirme Nasser Zammit, docteur en relations internationales. Elle bénéficie d’une « position géographique et stratégique essentielle pour les Etats-Unis dans les différentes crises qu’ils doivent gérer en Irak et en Afghanistan. Ils préparent leur retrait d'Irak et espèrent pouvoir compter sur l'aide des Turcs pour maintenir la stabilité dans ce pays. Dans le dossier afghan, nouvelle priorité de Washington, Ankara joue déjà un rôle important en appui des efforts américains, outre le millier d'hommes qu’elle fournit à la FIAS (Force internationale d'assistance à la sécurité) autour de Kaboul. De plus, la Turquie a un rôle reconnu de médiateur régional en l'occurrence avec l'Iran (…) et entre Israël et la Syrie », explique t-il.

Pour reconquérir son « allié stratégique », le soutien à l'adhésion d'Ankara à l'Union européenne (UE) dimanche à Prague, qu’il voit comme « un signe important » envoyé au monde musulman, est le bienvenue. Cependant, cette position a provoqué de vives réactions de pays européens, à commencer par la France qui a immédiatement réitéré son opposition à l'intégration de la Turquie.

Deuxième enjeu de cette visite : réhabiliter l’image des Etats-Unis auprès des musulmans. « Les Etats-Unis ne sont pas et ne seront jamais en guerre contre l’islam », a déclaré Obama ce lundi. C’est en présence du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon qu’il a participé, à Istanbul, au second forum de l'Alliance des civilisations dont l'objectif est de promouvoir l'entente et la compréhension entre l'Occident et le monde musulman. Sa visite sera ponctuée mardi de rencontres auprès des autorités religieuses et de visites dans deux mosquées, dont celle de la mosquée bleue.

La Turquie, un pont entre l’Occident et le monde musulman

Le soutien d'Obama à la création d’un Etat palestinien, à l'heure où le nouveau gouvernement israélien ne reconnait plus cette solution, a été très applaudie lundi. Mais sa tournée européenne a aussi été marquée par la nomination d’Anders Fogh Rasmussen au poste de secrétaire général de l'OTAN. Soutenue par d’autres pays musulmans, la Turquie bloquait cette décision en raison de la manière dont le Premier ministre danois a géré l’affaire des caricatures en 2005. Finalement, elle a donné, samedi, son aval.

Un prétexte pour mettre une pression aux membres de l’OTAN ? Pour M. Zammit, « cela fait partie du jeu diplomatique et la Turquie a pu faire entendre sa voix ». Ankara aurait, en tous cas, obtenu plusieurs hautes fonctions au sein de l’organisation, dont celui de secrétaire général adjoint et celui d’envoyé spécial de l’OTAN en Afghanistan, renforçant ainsi son influence.

Malgré tout, « le voyage en Turquie est un signe fort pour resserrer le partenariat avec le monde musulman. Mais la Turquie n’est qu’une première étape dans ce processus d’amélioration des relations avec le monde musulman », conclut-il.




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