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Sur le vif

Corse : Balotelli victime de racisme, une enquête ouverte (vidéo)

Rédigé par Saphirnews | Mercredi 25 Janvier 2017



« Le parquet a décidé de s'autosaisir et d'ouvrir une enquête en flagrance pour provocation à la haine raciale », annonce RMC mercredi 25 janvier. Cette décision fait suite à la rencontre entre le SC Bastia et l’OGC Nice, vendredi 20 janvier, durant laquelle, des supporters corses ont hurlé des cris de singes en direction de Mario Balotelli.

Face au silence auquel il s'est heurté sur cette affaire, l’attaquant italien d’origine ghanéenne s’était indigné sur son compte Instagram où il a écrit : « J'ai une question pour les Français. Est-il normal que les supporters de Bastia fassent des bruits de singe et des "ouh ouh" pendant tout le match et qu’aucune commission de discipline ne dise quelque chose ? Est-ce que le racisme est légal en France ? Ou seulement à Bastia ? »

La justice devrait pouvoir récupérer les images de vidéosurveillance du stade. Elle pourra aussi ajouter aux pièces du dossier les images enregistrées et diffusées par les chaînes de télévision.

Un supporter de Bastia a reconnu, mercredi après-midi, être un des auteurs des cris de singe contre le footballeur et s’est dénoncé auprès du club corse. En conséquence, le SCB indique avoir désactivé son abonnement et saisi la préfecture de Haute-Corse pour sanctionner l'individu incriminé d'une interdiction administrative de stade. Toujours selon la direction, le supporter regrette « son attitude et est conscient des répercussions actuelles, et potentiellement à venir, que cette dernière implique ».

L'attitude problématique des dirigeants bastiais

Le Sporting Club de Bastia, loin d’avoir eu un comportement exemplaire dans cette affaire, a mis du temps avant de réagir à l’information et n’estime toujours pas être responsable. Le club se félicite d'avoir obtenu des aveux grâce à son appel. En effet, lundi soir, Anthony Agostini, directeur des services généraux du SCB, a déclaré sur France Bleu que « la tâche n'est pas simple et le club ne peut pas porter à lui seul la responsabilité d'actes qui peuvent se produire sur tous les terrains ».

« Interdire à un supporter d’allumer un fumigène, cela peut être possible en augmentant les fouilles, comme empêcher des gens de sortir des banderoles. (...) Mais empêcher un supporter, de dire ou ne pas dire quelque chose relève de l’impossible ! », ajoute-t-il. Anthony Agostini avait alors appellé les coupables à se dénoncer afin « de faire en sorte que les choses reviennent à la normale ».

Une autre polémique s’est déclenchée à la suite de la rencontre Bastia-Nice. Des images de Canal+ montre l’entraîneur bastiais François Ciccolini insulter vertement Mario Balotelli dans les couloirs menant aux vestiaires du stade. Il lui a demandé de « fermer sa gueule sa gueule » et d’aller « se faire enc… ».

Le Corse s’est (maladroitement) défendu au micro de RMC : « Si vous regardez les images, est-ce que c’est moi qui lui parle ou est-ce que c’est lui ? Il m’a parlé avant. S’il m’avait insulté, je n’aurais rien dit. Mais il ne faut pas insulter ma mère, qui a 80 ans et n’a pas fait le métier dont parle monsieur Balotelli. Je suis un éducateur. Je me suis emporté, c’est vrai. Mais ma mère à 80 ans et elle n’est pas loin de mourir. »

François Ciccolini n’en est pas à son premier débordement. En février 2005, son cas avait été saisi par la commission de discipline de la Ligue de football professionnel après avoir insulté un joueur du PSG d’ « Albanais de merde ».

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