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Sur le vif

Canada : la diversité du gouvernement Trudeau saluée

Rédigé par | Jeudi 5 Novembre 2015



Navdeep Bains (à gauche) et Harjit Sajjan, nommés ministres du gouvernement Trudeau. Ils ne sont pas les premiers sikhs à accéder à de si hautes fonctions mais sont plus nombreux. Au centre, Jody Wilson-Raybould est devenue ministre de la Justice, la première autochtone à accéder à une telle fonction dans l'histoire du Canada.
Navdeep Bains (à gauche) et Harjit Sajjan, nommés ministres du gouvernement Trudeau. Ils ne sont pas les premiers sikhs à accéder à de si hautes fonctions mais sont plus nombreux. Au centre, Jody Wilson-Raybould est devenue ministre de la Justice, la première autochtone à accéder à une telle fonction dans l'histoire du Canada.
Justin Trudeau est officiellement Premier ministre du Canada. Deux semaines après sa victoire aux législatives, l’homme fort du pays est devenu le 23e chef du gouvernement de l'histoire canadienne à assumer cette fonction, 31 ans après le départ de son père du poste, lors d’une cérémonie d’assermentation qui s’est déroulée mercredi 4 novembre à Ottawa.

A cette occasion, les Canadiens ont découvert les visages des 30 ministres qui constituent le gouvernement, 15 hommes et 15 femmes choisis parmi les 183 députés élus sous la bannière du Parti libéral du Canada (PLC). La parité est ainsi respectée dans un Conseil des ministres diversifié.

Dans le lot, figurent trois Canadiens d’origine indienne, tous trois sikhs. L’un d’eux est particulièrement remarqué pour avoir été nommé à un ministère régalien, celui de la Défense nationale. Harjit Sajjan, ancien militaire déployé en Bosnie-Herzégovine et en Afghanistan puis policier durant 11 ans au sein d’une unité spécialisée dans le crime organisé à Vancouver.

A ses côtés, on trouve Navdeep Bains, ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, qui a joué un rôle clé dans l’élection de Justin Trudeau à la tête du PLC. Tous deux ont la particularité de porter le turban, les hommes ne se coupant ni les cheveux ni la barbe dans la tradition sikh. Amarjeet Sohi, nommé ministre de l'Infrastructure et des Collectivités, ne porte en revanche pas le turban.

Des ministres adeptes du sikhisme avant eux

La nomination de sikhs au gouvernement canadien n’est pas une première. Tim Uppal, membre du Parti conservateur, a été ministre d'État au multiculturalisme dans le précédent gouvernement. D'autres avant lui l'ont précédé. Cependant, jamais un Conseil des ministres n’a réuni autant de sikhs qu’avec Justin Trudeau. Les sikhs, qui sont environ 500 000 au Canada, représentent moins de 2 % de la population.

A souligner, la nomination de Jody Wilson-Raybould à la tête du ministère de la Justice. Elle devient également procureure générale du Canada. Jody Wilson-Raybould est la première autochtone - terme désignant les premiers peuples d'Amérique du Nord et leurs descendants - dans l'histoire du pays à siéger à une telle fonction. Tout un symbole pour celle qui sera chargée notamment de piloter la commission d'enquête nationale sur la disparition et les meurtres de quelque 1 200 femmes autochtones depuis 1980. Cette revendication des Premières Nations, majoritaires parmi les autochtones (4 % de la population), n'avait pas eu le soutien de Stephen Harper lors de la campagne électorale.

Enfin, Maryam Monsef, au poste de ministre des Institutions démocratiques, est remarquée. Son parcours est digne d’un rêve américain. Enfant, elle a fui l’Afghanistan avec sa mère, devenue veuve, et de ses deux sœurs avant de rejoindre le Canada en 1996 après plusieurs années passées en Iran dans la clandestinité. Elle a depuis été très impliquée dans l’aide aux immigrants et réfugiés avant son élection le 19 octobre. A 30 ans, elle est la plus jeune des ministres du gouvernement Trudeau.

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Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur


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