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Sur le vif

Burkini : la charge de Manuel Valls contre le New York Times

Rédigé par Saphirnews | Mardi 6 Septembre 2016



Burkini : la charge de Manuel Valls contre le New York Times
« En France, les femmes sont libres. » C’est le cri empreint de colère lancé par le Premier ministre Manuel Valls via une tribune publiée lundi 5 septembre dans le Huffington Post. Il entend répondre à un article paru le 2 septembre dans le New York Times sur le vécu de femmes musulmanes en France ainsi qu’en Belgique à travers des témoignages, en plein débat sur le « burkini ». Un article qui, à ses yeux, « donne une image insupportable, car fausse, de la France, pays des Lumières et pays des libertés ».

« Ce que je conteste avec la plus grande vigueur, c'est que la journaliste donne la parole à des femmes de confession musulmane en prétendant que leur voix serait étouffée, et ce, pour dresser le portrait d'une France qui les oppresserait », écrit un Valls remonté, qui continue pourtant de contribuer à échauffer le débat sur le burkini lors duquel il s'est positionné en faveur des arrêtés interdisant cet habit de bain. D’ailleurs, il persiste et signe : « Ce n'est pas une tenue de bain anodine. C'est une provocation, l'islamisme radical qui surgit et veut s'imposer dans l'espace public ! »

Le burkini, signe d’un « islamisme radical »

« En France, nous considérons bien au contraire qu'une femme qui a envie de se baigner n'a pas à rester dans l'ombre. Que les femmes ne peuvent être l'objet de la moindre domination. Et il y a bien domination masculine, dès lors que l'on considère que le corps de la femme doit être soustrait de l'espace public », juge-t-il. « Nous nous battons, aussi, pour la liberté de la grande majorité des musulmans, qui ne se reconnaissent pas dans cette minorité prosélyte qui instrumentalise leur religion. C'est pour cela que l'Etat ne doit pas céder d'un pouce face à l'islamisme radical. »

« Les femmes musulmanes à qui cet article donne la parole expriment un point de vue. Elles sont libres de le faire. Mais l'exigence aurait dû porter la journaliste du New York Times à interroger l'immense majorité des femmes musulmanes qui ne se reconnaissent pas dans une vision ultra-rigoriste de l'islam », lâche-t-il, voulant donner une leçon de journalisme à l’auteur de l’article, qui n’est pas « une enquête de terrain ».

Pour lui, et sans apporter de preuves étayant ses dires, ces témoignages ont été « pour la plupart obtenus à la suite d'un événement scandaleux organisé en France : un "camp d'été décolonial" » organisé le 25 août à Reims qui « interdit - je cite - aux "personnes à la peau blanche" » et qui « montre au grand jour les contestations prosélytes qui sont à l'œuvre en France » sur des principes comme, cite-t-il, l'égalité entre hommes et femmes ou encore... la laïcité, celle-là même qui devrait garantir à toute personne en France les libertés de conscience et de religion dans l'espace public.

Aux musulmanes de France, Manuel Valls, qui a fait du port du voile un de ses grands combats, leur a adressé une réponse qui, pour beaucoup d'entre elles, ne crédibilise pas le titre même de la tribune, la liberté religieuse s'arrêtant pour les femmes qui ont choisi de porter le voile, y compris à la plage selon le Premier ministre.

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