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Sur le vif

Birmanie : les mariages interreligieux criminalisés

Rédigé par La Rédaction | Vendredi 27 Juin 2014



En Birmanie, le pays qui abrite la communauté musulmane la plus persécutée au monde, des bouddhistes radicaux prévoient de criminaliser les mariages interreligieux. Le projet de loi n’a pas encore été publié mais, selon l’ONG Human Right Watch, un non bouddhiste risquerait 10 ans de prison s’il épousait une bouddhiste sans se convertir. Une autorisation écrite des parents de la mariée serait également nécessaire pour pouvoir célébrer le mariage.

La proposition émane du Comité pour la protection de la nationalité et de la religion (Mabatha), un groupe composé de 200 moines nationalistes radicaux. Ils estiment que la religion bouddhiste, pratiquée par plus de 80 % de la population, est menacée. Leur projet devra être examiné par le Parlement à la demande du président Thein Sein.

« Je pense vraiment que cette loi peut protéger les Birmanes bouddhistes », a déclaré le moine Sopaka, leader de Mabatha, cité par l’AFP. Il a affirmé que cela permettrait de limiter la violence, les unions interreligieuses engendrant selon lui viols, meurtres, et conversions forcées.

La Commission américaine sur la liberté de religion internationale a dénoncé une loi qui « n’a pas sa place au XXIe siècle », et qui risque de provoquer des violences et des discriminations. Des groupes de défense des droits des femmes ont dénoncé un projet qui priverait les Birmanes de leur droit à « penser rationnellement et à prendre des décisions ».

Aung San Suu Kyi, chef de l’opposition et une des seules femmes à siéger au Parlement birman, s’est opposée à la loi sur les mariages interreligieux. Selon des organisations birmanes, la montée du nationalisme bouddhisme vise à mettre en difficulté la prix Nobel de la paix à l’approche des élections législatives de 2015.





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