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Religions

Avec le KAICIID, l’Arabie Saoudite encourage le dialogue interreligieux dans le monde

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Samedi 24 Novembre 2012

Les religions sont et doivent être des vecteurs de paix. A cette fin et pour lutter contre l’instrumentalisation de la religion à des fins violentes, le Centre International pour le Dialogue Interreligieux et Interculturel (KAICIID) du Roi Abdullah Bin Abdulaziz est inauguré, lundi 26 novembre, à Vienne, en Autriche.



Avec le KAICIID, l’Arabie Saoudite encourage le dialogue interreligieux dans le monde
Aussi surprenant que la nouvelle puisse paraître, c’est bien l’Arabie Saoudite qui a porté le projet du KAICIID depuis ses débuts en 2007. Convaincu du bien-fondé de l’initiative visant à promouvoir le dialogue interreligieux dans le monde, l’Autriche et l’Espagne ont très tôt rejoint le royaume saoudien, formant ensemble le cercle des Etats fondateurs du KAICIID. Reconnu par l’ONU, le KAICIID – qui n’est pas une institution saoudienne – se présente comme une organisation internationale indépendante, « libre de toute influence politique et économique ».

Outre les ministres des Affaires étrangères d'Arabie Saoudite, d'Autriche et d'Espagne, le KAICIID a annoncé la présence, pour la cérémonie d’inauguration du lundi 26 novembre, d'hôtes de marque, à commencer par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux au Vatican, le cardinal Jean-Louis Tauran, le secrétaire général de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), Ekmeleddin Ihsanoglu, ou encore le patriarche de Constantinople Bartholomée Ier, parmi « d'éminents leaders religieux, politiques ou de la société civile du monde entier ».

C’est le Conseil des fondateurs (« Council of Parties »), dont fait aussi partie le Vatican, qui supervisera le KAICIID, en accord avec le Conseil de surveillance, dans lequel ont été désignés neuf hauts représentants des grandes religions du monde (judaïsme, christianisme, islam, hindouisme et bouddhisme). Un forum consultatif, qui rassemblera jusqu’à 100 membres, dont des institutions culturelles et des organisations internationales, sera aussi mis à contribution dans le fonctionnement global de l'organisation.

La défense des minorités chrétiennes, priorité du Vatican

Le Vatican, qui a répondu positivement à l’initiative du roi saoudien en 2007 lors d’une rencontre officielle avec le pape Benoît XVI, a adhéré au KAICIID en qualité d’« observateur fondateur » en 2011, année de la création officielle du Centre. C’est naturellement qu’une délégation « de haut niveau » sera présente à l’inauguration.

Le Centre est « une nouvelle institution dont le but est de favoriser le dialogue entre les religions et les cultures. Un tel objectif doit toujours être accueilli avec faveur dans l’optique de la compréhension et de la convivialité pacifique entre les peuples, urgence fondamentale pour l’humanité d’aujourd’hui et de demain », a affirmé, vendredi 23 novembre, le Père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, ajoutant qu’il s’agit « d’une opportunité et d’un espace de dialogue, dont il est juste de tirer profit ; et il est bon d’y être présent pour faire fructifier encore plus l’expérience et l’autorité du Saint-Siège dans le domaine du dialogue interreligieux ».

Faire entendre les souffrances des chrétiens d’Orient est une priorité pour le Vatican. « En sa qualité d’observateur fondateur, le Saint-Siège ne manquera pas d’exprimer ses préoccupations quant au respect authentique des droits fondamentaux des chrétiens qui vivent dans des pays à majorité musulmane et de plaider en faveur de la promotion authentique de la liberté religieuse », assure-t-on.

Des bourses d'études pour des apprentis enseignants en religion

« Je suis convaincu que le KAICIID contribuera sous peu à créer une passerelle pour une meilleure compréhension réciproque, à faciliter le dialogue interreligieux et interculturel pour améliorer la coopération, le respect pour la diversité, la justice et la paix », a fait savoir de son côté le secrétaire général du Centre, Faisal Bin Abdulrahman Bin Muaammar, qui fut vice-ministre de l’Education en Arabie de 2009 à 2011.

L'Arabie Saoudite souhaite par le biais du KAICIID « réaffirmer les buts et principes énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, en particulier le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ». Selon un récent rapport du centre de recherche américain Pew Research, 75 % de la population mondiale ne peut pratiquer librement sa foi. Le royaume saoudien fait lui-même partie des pays où les restrictions religieuses sont parmi les plus élevées au monde. L'inauguration d'un Centre international favorisant le dialogue, et de facto le mieux vivre-ensemble, n'en reste pas moins une bonne initiative.

Le KAICIID, unique en son genre, affiche de grosses ambitions. Plusieurs programmes vont démarrer en janvier 2013, dont un visant à former les institutions et les responsables de diverses traditions religieuses aux nouvelles méthodes qui promeuvent la survie et le bien-être des enfants dans plusieurs pays prioritaires. Un programme de bourses d’études pour de futurs leaders religieux et enseignants de la religion qui s’engagent dans la promotion du dialogue interreligieux et interculturel.





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