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Sur le vif

Au Tadjikistan, critiquer le pouvoir est un « grave péché »

Rédigé par La Rédaction | Mardi 30 Septembre 2014



Le mufti du Tadjikistan, Saidmoukarram Abdoukodirzoda, a émis, vendredi 26 septembre, une fatwa (avis religieux) pendant son sermon à la grande mosquée de Duchanbé, la capitale, qui précise que toute critique envers les autorités sera désormais assimilée à un « grave péché ».

« Le centre islamique du Tadjikistan a émis une nouvelle fatwa spéciale selon laquelle toute critique envers les autorités sera considérée comme "un grave péché" », a déclaré le lendemain à la presse le mufti de l’ancienne république soviétique. « La critique mine la confiance envers les autorités », a encore expliqué Saidmoukarram Abdoukodirzoda, pour justifier sa décision.

« Ceux qui montent la population contre les autorités seront punis par Dieu », a averti le mufti. qui a aussi invité les musulmans à « à éviter les contacts avec les organisations internationales étrangères et les médias qui menacent la stabilité dans le pays ». La Renaissance islamique, un parti d’opposition, a dénoncé une fatwa « dictée par les autorités ».

Le pays, qui a connu une guerre civile entre 1992 et 1997, est dirigé par Emomalii Rahmon depuis son élection en 1994. Il a été réélu président en 1999 et en 2006, avec 97 % puis 79 % des suffrages à la tête d'un pays qu'il a verrouillé. La population tadjike est majoritairement musulmane (95 %), presque intégralement sunnite. La religion s’y est développée de façon accélérée après l’effondrement de l’URSS. Il s’agit du seul pays d’Asie centrale où la langue dominante n’est pas une langue turque, mais iranienne.

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