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Société

Attentats de Paris : à peine inaugurée, une mosquée de Seine-et-Marne fermée

Rattrapée par son passé

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mercredi 2 Décembre 2015



La mosquée de Lagny-sur-Marne, en Seine-et-Marne, a été l'objet d'une fermeture administrative mercredi 2 décembre dans le cadre des mesures déployées lors de l'état d'urgence.
La mosquée de Lagny-sur-Marne, en Seine-et-Marne, a été l'objet d'une fermeture administrative mercredi 2 décembre dans le cadre des mesures déployées lors de l'état d'urgence.
Une perquisition administrative a eu lieu dans la matinée du mercredi 2 décembre à la mosquée de Lagny-sur-Marne, en Seine-et-Marne. Cette mesure a conduit à une fermeture administrative de la salle de prière, au moins pour le temps de l'état d'urgence.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a déclaré que 22 interdictions de sortie du territoire et 9 assignations à résidence ont été prononcés, ajoutant aussi qu'un révolver a été retrouvé lors de fouilles. L’opération policière conduira à la dissolution en conseil des ministres des trois associations « pseudo-cultuelles » qui occupaient les lieux, a-t-il ajouté devant la presse.

La salle de prière avait été inaugurée rue Jean Mermoz fin juin seulement à l'occasion du Ramadan 2015, après plusieurs années passées dans une salle, certes située en centre-ville mais devenue trop petite pour accueillir les fidèles, rapportait à l'époque le journal local La Marne. Elle constituait une étape dans le chantier de construction d'un centre cultuel qui devait s'étaler sur 500 m².

L'ombre de l'ex-imam plane

En réalité, « l’arrêté de fermeture provisoire du lieu de culte est lié à l’ancien président (de 2010 à 2014) d’une association musulmane de Lagny-sur-Marne », fait part la mairie dans un court communiqué. L'homme en question est l’ancien imam de la mosquée, Mohamed Hammoumi, accusé de prêcher un islam radical. L'homme, dont les avoirs en France ont été gelés, est accusé d'avoir embrigadé des jeunes afin qu'ils rejoignent les rangs de l'Etat islamique. Il avait même été dénoncé dès 2009 par... son prédécesseur Samir Doghmi, rapportait en juillet Le Parisien.

Ce dernier avait été chassé de son poste en 2010 par Mohamed Hammoumi, décrit comme un fidèle qui, après un séjour en Egypte, a décidé de prendre le pouvoir par la force à la mosquée pour prêcher une vision radicale de l'islam. « Il y a six ans, j'ai écrit des courriers à la sous-préfecture, à la mairie et au commissariat pour signaler la radicalisation de cet homme. Mais ils n'ont rien fait », a déclaré Samir Doghmi. Cet épisode avait alors entraîné la division entre les fidèles de la mosquée et rendu longtemps difficiles les relations avec la municipalité.

Pas de garde à vue pour le président de la mosquée

Après son départ précipité pour l’Egypte avec femme et enfants fin 2014, l'association « Retour aux sources » que l'ex-imam dirigeait a été remplacée en mai 2015 par l'Association des musulmans de Lagny, qui a permis d'aboutir à un accord avec la mairie quant à l'emplacement de la future mosquée, celle qui fut perquisitionné ce mercredi. Son président, présent lors de la fouille, n'a pas été placé en garde à vue selon La Marne. Ce sont plutôt des proches de Mohamed Hammoumi qui auraient été visés par les autorités.

Depuis les attentats du 13 novembre, dans le cadre de l’état d’urgence, 2 235 perquisitions ont été effectués, qui ont conduit à 263 interpellations dont 232 gardes à vue. 330 personnes ont été assignées à résidence et 346 procédures judiciaires ont été ouvertes. Au moins quatre salles de prières, y compris celle de Lagny-sur-Marne, ont été l'objet d'une fermeture administrative.





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