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Arabie Saoudite : 'Nous essayons de proscrire les bagages mais tous les pèlerins ne respectent pas cette consigne et l'on assiste à des bousculades'

| Vendredi 13 Janvier 2006

Le bilan de la bousculade de Mina, jeudi 12 janvier, ne cesse de s’alourdir. Actuellement on compte 363 morts. Le prince héritier Sultan ben Abdelaziz, ainsi que le ministre de l'Intérieur, ont reproché aux pèlerins de ne pas avoir suivi les consignes de sécurité.



Sur le pont Djamarat à Mina…

C’est sur le pont Djamarat à Mina que la bousculade s'est produite. C’est en ce lieu où déroule le rituel de la lapidation des stèles avec les cailloux ramassés la veille permettant de se purifier de ses péchés. Les pèlerins se hâtaient d'achever le rituel symbolique avant le coucher du soleil.
D'après le général Al-Turki, quelque 600.000 pèlerins se trouvaient massés dans une zone d'environ 140.000 m2 (soit quatre personnes par mètre carré), véritable rampe d'accès au Djamarat, lorsque plusieurs dizaines d'entre eux ont trébuché sur des bagages pourtant interdits par mesure de sécurité.

« Tout le monde poussait… »

"Tout le monde poussait de derrière pour passer et, tout à coup, la police a bloqué l'accès du pont et les gens ont commencé à tomber les uns sur les autres", a raconté à l'AFP Mohammed Al-Farra, 32 ans, venu à l'hôpital général de Mina voir sa femme blessée.
"Je suis tombé et quand je me suis relevé, j'ai vu ma femme piétinée par peut-être 50 personnes. C'est un miracle qu'elle soit en vie", a-t-il estimé.
"Au moment où nous allions jeter les pierres, j'ai vu une énorme bousculade et des pèlerins piétinés par des milliers d'autres", a raconté un fidèle égyptien.
Au moins 363 personnes ont péri écrasées par les mouvements de foule et 300 autres sont blessées.

« L'Etat a fait tout ce qui était en son pouvoir »

"Nous essayons de proscrire les bagages mais tous les pèlerins ne respectent pas cette consigne et l'on assiste à des bousculades", a déploré l'officier, précisant que les forces de sécurité avaient pu intervenir "en l'espace de deux minutes, après avoir été alertés par les caméras de surveillance".
Le prince héritier Sultan ben Abdelaziz, ainsi que le ministre de l'Intérieur, ont reproché aux pèlerins de ne pas avoir suivi les consignes de sécurité.
Dans la foule se pressant dans l'enceinte du centre médical Al-Moaysem, l'Egyptien Oussama el-Gindy a expliqué rechercher un proche qui se trouvait à quelques mètres de lui quand la bousculade a commencé. "J'ai été légèrement blessé mais j'ai réussi à me dégager. En revanche, je ne l'ai pas revu", a-t-il confié. "J'espère qu'il est encore en vie. S'il est mort, c'est un martyr et il ira au paradis comme tous les autres."
"L'Etat a fait tout ce qui était en son pouvoir et tout ce qui pouvait être fait", a déclaré à la télévision le cheikh Abdelaziz al Sheikh, Grand mufti.
Mais de nombreux musulmans affirment au contraire qu'un dispositif de sécurité plus efficace aurait pu éviter cette catastrophe.

Une ressortissante française parmi les victimes

La chaîne de télévision saoudienne Al-Ekhbariyah croit savoir que la plupart des victimes étaient originaires d'Asie du Sud. Des responsables médicaux ont ainsi fait état de la présence parmi les tués de nombreux Indiens et Bangladeshi, ainsi que d'Egyptiens. Le ministre égyptien du pétrole, Sameh Fahmy, qui conduisait la délégation de son pays à ce hadj, a évoqué la mort de dix de ses concitoyens.
A Paris, le Quai d'Orsay a pour sa part confirmé vendredi qu'une ressortissante française était décédée la veille au soir lors de ce mouvement de foule.




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