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Sur le vif

Ali Ziri : l’Etat ordonne le retrait de la plaque commémorative

Rédigé par La Rédaction | Mardi 31 Janvier 2012



La ville d'Argenteuil, dans le Val-d'Oise, a annoncé mardi 31 janvier qu'elle retirait la plaque à la mémoire d'Ali Ziri, retraité algérien mort en juin 2009 après son interpellation musclée effectuée par la police. Celle-ci avait été inaugurée le 14 janvier dernier, en présence de 500 personnes, à l'initiative du collectif « Vérité et justice pour Ali Ziri ». Sur la plaque, est mentionné l’inscription suivante : « Ali Ziri, 69 ans, mort le 11 juin 2009 suite à son interpellation par la police nationale ».

Le retrait de la plaque fait suite aux pressions de syndicats de police qui la jugeaient « diffamatoire », ce qui a poussé le préfet du Val d’Oise à agir. La mairie a ensuite cédé à l'injonction du préfet.

« C'est au regard des tensions qui se font jour que M. Philippe Doucet, maire d'Argenteuil, garant de la tranquillité publique et prenant en compte les relations avec les services de l'État (...) concède la dépose de ladite plaque », indique la mairie (PS), dans un communiqué.

« La municipalité rappelle d'une part que le collectif est l'auteur du texte mentionné sur la plaque dont il est propriétaire, d'autre part que l'État ne s'est pas opposé à la tenue de cette manifestation dont il avait été préalablement tenu informé », précise le communiqué.

Contacté par l'AFP, le syndicat Alliance, qui avait menacé la ville de poursuites judiciaires, s'est dit « très satisfait » de ce retrait. « C'est une victoire pour le droit au respect des fonctionnaires de police et pour la présomption d'innocence », a souligné Ludovic Collignon, secrétaire départemental du syndicat.

« Cette inscription indique très clairement que nos collègues seraient responsables du décès d'Ali Ziri. C'est inacceptable et l'état actuel de la procédure judiciaire ne permet en aucun cas de l'affirmer voire même de le supposer. (...) Si nul ne peut contester le droit légitime des proches de Monsieur Ziri de connaître la cause de son décès, les policiers (...) n'acceptent pas que la présomption d'innocence qui leur est due soit bafouée », avait-il indiqué avant que ne soit rendue la décision de la préfecture.

L'avocat de la famille d'Ali Ziri, Me Stéphane Maugendre, a dit « regretter » la décision des autorités. « L'objectif de la plaque n'était pas de jeter le discrédit sur la police. C'était de pousser les autorités à faire toute la lumière sur la mort de M. Ziri », a-t-il assuré. Le parquet de Pontoise a requis mi-décembre un non-lieu dans cette affaire. Il revient désormais au juge d'instruction de décider ou non d'un renvoi devant le tribunal.

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