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Religions

Achoura, la fête de la fraternité judéo-musulmane

Rédigé par Anon Mead | Dimanche 20 Février 2005

Achoura a été fêté samedi 19 février 2005, ce qui correspond au 10e jour du mois de Muharram, premier mois du calendrier hégirien, de l'année 1426 de l’Hégire. Contrairement à une idée répandue, cette fête n’est pas exclusivement chiite. Nombre de sunnites marquent ce jour par un jeûne surérogatoire. Mais historiquement, Achoura est d’abord une fête juive qui marque le jour du pardon. L’occasion de revenir sur les origines de cet événement méconnu.



Commémorer la mort de l’imam Hussein

Pour les musulmans chiites, le jour de Achoura évoque la mort de l’imam Hussein. Petit-fils du Prophète et fils de Ali (le quatrième Calife de l’Islam), l’imam Hussein est un personnage très emblématique du chiisme. C’est en l’an 61 de l’Hégire (l’an 680 ap JC), qu’il part au siège de l’Irak, accompagné de son armée levée à la Mecque, pour prétendre à la succession du califat après l’assassinat de son père en 661 de notre ère. Hussein trouvera la mort dans la ville de Koufa après dix jours de combat. Le terme Achoura est un dérivé du mot "Achara" qui signifie 10 en arabe.

Aujourd’hui, en Irak et en Iran comme dans d’autres régions du monde à majorité chiite, l’on commémore ce jour de deuil dans la lamentation. Ce qui donne lieu à des scènes d’auto flagellation allant parfois jusqu’au sang. Ce jour-là, à Kerbela (Irak), les pèlerins sont particulièrement nombreux à se recueillir près du mausolée de Hussein.

Achoura, une fête juive et musulmane

En l’an 622 de notre ère, le prophète de l’Islam et ses compagnons fuient les persécutions des Mecquois pour s’établir dans l’oasis de Yathrib (qui deviendra plus tard Médine). Parmi les tribus présentes le jour de leur arrivée, figurait une tribu juive qui observait une journée entière de jeûne pour célébrer le Yom Kippour, le jour du grand pardon. Dans la religion hébraïque, le fidèle qui observe ce jeûne cherche à expier ses fautes passées. Il demande à Dieu de lui pardonner tous les pêchés commis durant l’année écoulée. L’on expliqua au Prophète de l’islam que ce jour est aussi celui du repentir auprès de Dieu pour l’adoration du veau d’or durant l’Exode.

Le Prophète de l’Islam conseilla donc à ses compagnons de jeûner le jour de Achoura et expliqua que: "Dieu remet les pêchés d’une année passée à quiconque jeûne le jour de Achoura". Marquant de ce fait la continuité naturelle et fraternelle entre le Judaïsme et l’Islam. Toutefois, pour se différencier du Judaïsme, le Prophète recommanda aux musulmans de jeûner les 9e et 10e jours de Muharram (le jeûne du Ramadan fut révélé deux ans plus tard).

Le jeûne de Achoura n’est donc pas une obligation coranique. Il n’en demeure pas moins une recommandation prophétique que les musulmans sont nombreux à observer d’autant plus que ce jour marque des événements clefs dans l’histoire du monothéisme. La tradition rapporte que c’est à la date anniversaire de Achoura que Dieu accepta le repentir d’Adam, le père de l’humanité. C’est également à l’anniversaire de Achoura que l’arche de Noé accosta sur terre. Le prophète Abrahim fut, ce jour là, sauvé du feu (Coran, s.21, v.69). L’on nous rapporte que le jour de Achoura est celui de la victoire du prophète Moïse sur Pharaon, ainsi que le jour où il fut sauvé des eaux.




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