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Economie

A la Goutte-d'Or, les boucheries ne sont pas à la fête

Rédigé par Pauline Compan | Vendredi 30 Décembre 2011

Certaines arborent quelques guirlandes, d'autres préfèrent afficher les promotions du jour et pourtant, en cette fin d'année, des responsables de boucheries halal dans le quartier de la Goutte-d'Or (Paris 18e) ne sont pas à la fête. Car si une grande partie de leur clientèle ne fête pas les festivités de fin d'année, les boucheries étaient tout de même habituées à vendre davantage de marchandises pour accompagner des repas plus copieux. Une consommation en berne, selon plusieurs bouchers du quartier.



Certaines boucheries du quartier se sont mis à l'heure des fêtes de fin d'année.
Certaines boucheries du quartier se sont mis à l'heure des fêtes de fin d'année.
« J'étais encore à Rungis ce matin et tous les vendeurs le disaient : cette année la consommation de viande n'a pas vraiment décoller avec les fêtes de fin d'année. La faute à la crise, c'est certain. » Pour ce patron d'une boucherie halal, située rue de Suez, à Paris (18e), l'économie morose a poussé les gens à faire des économies, notamment sur le repas du dernier jour de l'année, qui n'est pas très important pour sa clientèle.

Et si un récent sondage du cabinet d'étude Solis, montrait que 64,5 % des Français d'origine maghrébine participaient à un réveillon de fin d'année, les bouchers de la Goutte-d'Or ne semblent pas voir la précieuse manne financière transiter par leur échoppe.

Et plusieurs vendeurs s'accordent sur un chiffre : la fréquentation des boucheries aurait baissé de 30 % par rapport à l'année dernière, à la même période.

La boucherie Barbès ne vend que des produits certifiés AVS.
La boucherie Barbès ne vend que des produits certifiés AVS.

Des prix plus attractifs au détriment d'une certaine qualité ?

Pourtant, certains ont quand même passé des commandes spéciales : « J'ai pris deux cartons de dinde halal, soit huit dindes, j'ai tout vendu mais, il y a quelques années, je prenais dix cartons », rapporte cet autre patron de boucherie halal. Chez lui, les viandes sont certifiées AVS (A votre Service), « mais la moitié de la clientèle vient non pas pour le sacrifice mais pour la qualité de la viande », continue-t-il.

Plus loin, la boucherie Barbès, elle aussi, ne vend que des produits estampillés AVS. « On a moins de monde que nos voisins qui se servent à Rungis, mais je préfère ne travailler qu'avec AVS car je suis sûr de la qualité des produits et de la certification », explique le patron Mahieddine. Ce boucher, qui exerce depuis 1992, propose des produits plus chers et offre moins de choix mais « c'est ainsi, si je vise certaines exigences », précise Mahieddine.

« Je sais que je suis plus cher de 30 % en moyenne, mais ma clientèle sait pourquoi. » Et c'est vrai que les généreuses cuisses de poulet en vitrine sont plus chères que la moyenne des prix que l'on trouve dans le quartier. « Moi, je touche la cuisse à 2 € 50, alors qu'à Rungis elles s'affichent à 1 € 10 en moyenne », explique Mahieddine.

Il est vrai que d'autres boucheries tirent les prix. Ici des poulets fumés, certifiés par la SCVH (Société de contrôle de viande halal), à 10 € 90 ; là-bas des cuisses à 2 € 45 le kilogramme ; sans oublier les viandes de bœuf, d'agneau et de chèvre. Dans les boutiques, une clientèle métissée, souvent intéressée par les prix attractifs, même si les boucheries plus chères ont su se faire une clientèle d'habitués.






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