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Sur le vif

A Alep ravagée, « un effondrement total de l'humanité »

Rédigé par Saphirnews | Mardi 13 Décembre 2016



Photo d'enfants syriens prise à Alep. © Unicef
Photo d'enfants syriens prise à Alep. © Unicef
« Massacres », « exécutions sommaires », ces mots reviennent en continu pour parler des événements survenus à Alep depuis la nuit du 12 au 13 décembre. Après quatre semaines d'une offensive violente contre les rebelles, mais aussi et surtout contre les civils, cette ville du nord de la Syrie est en passe d’être totalement reprise par le régime syrien, aidé des forces armées russes. Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, a tiré le signal d’alarme, déclarant que des « atrocités » auraient été commises sur des civils, dont des femmes et des enfants. « Un effondrement total de l'humanité » pour les Nations Unis.

Au cours des dernières 24 heures, près de 82 civils, dont 11 femmes et 13 enfants, ont été tués par les forces du régime, selon l'ONU. 10 000 civils supplémentaires se sont échappés des zones rebelles pour rejoindre des secteurs gouvernementaux, ce qui amène à 130 000 le nombre d’habitants ayant fui l’offensive, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Depuis le début de l’opération militaire de Damas, plus de 415 civils ont été tués dans l’est d’Alep, tandis que 130 sont morts du fait de tirs rebelles dans l’ouest de la ville.

Des adieux sur les réseaux sociaux

Pensant vivre leurs dernières heures, des habitants d'Alep ont laissé des messages d'adieux sur les réseaux sociaux. C'est le cas de Bana Alabed, cette jeune fille de 7 ans devenu célèbre sur les réseaux sociaux en tweetant sa vie sur Alep-Est bombardé.

De nombreux témoignages sont relayés mais il manque d'être vérifiés à l'image du sort réservé à l'hôpital Al-Haya, dans lequel les membres du personnel médical et des civils qui s'y réfugiaient auraient été exécutés. Cependant, des acteurs de terrain comme l'ONG Syria Charity, qui a des équipes à Alep, assurent de nombreuses exactions du régime syrien.

« Nous sommes d’accord pour que nous fassions tout pour permettre l’évacuation de la population. Sans risque de répression », a declaré François Hollande lors d'une conférence de conférence de presse avec la chancelière Angela Merkel à Berlin mardi 13 décembre. Le président de la République a déploré une situation humanitaire inacceptable :« Il y a un ultimatum humanitaire que nous devons prononcer. Les Russes seront responsables d’une situation qu’ils ont continué à créer s’ils ne font rien pour permettre l’accès de l’aide humanitaire ».

« Plus que jamais, il y a urgence à faire cesser les hostilités à Alep. Les soutiens du régime, à commencer par la Russie, ne peuvent pas laisser faire et admettre cette logique de vengeance et de terreur systématique sans prendre le risque d’en être complices », a réagi Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères. Il ajoute vouloir que « toute la lumière doit être faite sur les souffrances infligées aux populations civiles à Alep. J’appelle les Nations Unies à utiliser sans délai tous les mécanismes, qui permettent d’établir la vérité sur ce qui se passe à Alep et à la communauté internationale de faire en sorte que ces crimes ne restent pas impunis». L'opposition de droite reste globalement silencieuse jusqu'à présent. Le candidat François Fillon, favorable à une reprise des relations avec Bachar al-Assad et Vladimir Poutine, ne s'est pas exprimé.

Mise à jour : Selon des groupes rebelles, un accord sur une évacuation des civils et des insurgés a été conclu, sous la houlette de la Russie et de la Turquie, soutiens respectifs du régime de Bachar al-Assad et de la rébellion.

« Ceux qui partiront choisiront d'aller soit dans l'ouest de la province d'Alep ou vers la province (voisine) d'Idlib », dans des régions sous contrôle rebelle, a fait savoir un responsable politique issu de la rébellion.

Nouvelle mise à jour mercredi 14 décembre : L'accord a été suspendu, les combats ayant repris entre les deux camps. « Alep est dans une situation d'urgence absolue : environ 100 000 personnes sont encore piégées sur un territoire de cinq km2 », fait savoir la présidente de Médecins du Monde Françoise Sivignon.

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