Sur le vif

Une nouvelle attaque recensée contre les musulmans au Sri Lanka

Rédigé par Lina Farelli | Jeudi 1 Mars 2018 à 09:48



Une mosquée et plusieurs magasins détruits, au moins 5 personnes blessées, tel est le bilan des violences commises lundi 26 février par des membres de la majorité cinghalaise bouddhiste contre la minorité musulmane dans la ville d'Ampara, à l’est du Sri Lanka, selon les rapports de la police locale mardi 27 février. Toutefois, le porte-parole de la police, Ruwan Gunasekara, a mentionné qu’aucune arrestation n’a été effectuée.

Le conseil musulman du Sri Lanka, une instance qui regroupe les organisations musulmanes du pays, condamne fermement cette nouvelle flambée de violence et incite le gouvernement à conduire une enquête neutre et impartiale pour arrêter les responsables.

Dans une déclaration officielle, le conseil a rappelé que « le gouvernement a la responsabilité d’assurer la sécurité de tous les citoyens indépendamment de leur religion, leur caste et leur ethnie ».

Depuis plusieurs années, une tension grandissante se développe entre ces deux communautés. Des accusations, qui naissent souvent sur la base de simples rumeurs, sont portées contre les musulmans, en position minoritaire à Sri Lanka, provoquant ainsi des violences. Selon des groupes d'extrémistes bouddhistes, ils forceraient les gens à se convertir à l’islam ou encore à vandaliser leurs sites sacrés et archéologiques.

A Ampara, une rumeur a également été à l'origine des violences : un restaurant musulman servirait des pilules contraceptives, voire même « des pilules de stérilisation », dans leurs plats aux clients.

L’année dernière, les diplomates ont condamné les violences contre les musulmans en Sri Lanka, victimes d'une vingtaine d’attaques ciblant des commerces et des mosquées. Le président Maithripala Sirisena et le Premier ministre Ranil Wickremasinghe ont promis de protéger la minorité, mais les violences contre les musulmans ne se sont pas arrêtées pour autant. La population de Sri Lanka est composée de 71 % de bouddhistes, de 12 % d’hindous et de 9 % de musulmans.

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