Société

Une Nuit blanche consacrée aux réfugiés avec le Secours islamique France

Rédigé par Imane Youssfi | Mardi 10 Octobre 2017 à 11:05

A l’occasion de la Nuit blanche 2017 organisée dans la nuit de samedi 7 au dimanche 8 octobre, le Secours islamique France (SIF) a investi le quai de Valmy à Paris, de 19h à 5h du matin. L’ONG a invité le grand public a partagé un événement culturel et participatif sur le thème du refuge autour d’une soirée artistique et participative. Reportage.



Une fresque participative a été mise en place par le Secours islamique France, quai de Valmy (Paris – 19e) sur le thème de la question des réfugiés lors de la Nuit blanche dans la nuit du 7 au 8 octobre. © Saphirnews
La nuit vient à peine de tomber, mais les équipes du SIF ont déjà investi la place très tôt dans la journée. C’est au quai de Valmy, dans le 19e arrondissement de la capitale, que l'ONG a installé un véritable espace artistique et engagé sur la thématique « Où trouver refuge aujourd’hui ? ».

Sur le mur d’un immeuble, l’artiste Combo (ou Combo Culture Kidnapper) a installé une fresque collaborative. Il y a détourné le célèbre tableau « Le radeau de la Méduse », peinte par Théodore Géricault au XIXe siècle, en une fresque représentant des réfugiés après une traversée de la mer. Chaque passant est invité à la colorier, à y laisser ses impressions et émotions sur la thématique du refuge.

Au fil de la soirée, la fresque se remplit et prend des couleurs tandis que, plus haut, la projection d’un film, sous la forme d'une création sonore et visuelle de photographie sociale sur le refuge, attire l’attention d’un public qui s’installe sur des fauteuils gonflables disposés au sol pour l’occasion. Les passages pluvieux dans la soirée n’ont pas empêché les plus curieux de rester et de découvrir l’événement.

Un évènement artistique engagé

Une Nuit blanche avec le SIF. © Saphirnews
Avec pareil événement, le SIF sort ainsi des sentiers battus grâce à « un projet à la fois artistique et engagé » ainsi défini par Pierangela Fontana, chargée de l'évènement. L’idée du partage dans cette création avait notamment pour but « de demander à un public de visiteurs, sans forcément les connaître, de laisser leur trace, leur idée, leur sensation, sur la question du refuge ».

Même son de cloche chez l’artiste Combo, qui regarde attentivement sa fresque se colorier sous ses yeux. « Ce genre d’événement est la continuité de ce que je fais », explique-t-il, lui qui est connu pour son travail de détournement de photos et d’œuvres. « Le coloriage s’imposait »)i, poursuit-il, insistant que le côté participatif de l'oeuvre qui vient i[« permettre aux gens de récupérer cette image et de s’en approprier ».

Derrière ce projet artistique, c’est toute une symbolique qu’il faut percevoir. « La photo, l’art de rue parfois, peuvent parler plus que les mots. Parce qu’on a l’habitude d’un discours dominant dans les médias sur la question des réfugiés, prendre du recul avec le médium artistique peut nous aider à prendre la question sous un autre angle », explique Pierangela Fontana.

Sensibiliser un nouveau public par l'art

Au-delà de la thématique du refuge, le SIF a cherché, à travers cet événement inédit pour l'ONG, à élargir sa cible pour s’adresser à un public plus large en alliant humanitaire et art. Pari réussi pour l’ONG.

Le choix du lieu n’est lui aussi pas anodin. « Etre dans la rue, comme beaucoup de réfugiés et de sans-abris, faire une nuit blanche comme souvent eux-mêmes la font... La rue, c’est l’endroit où habitent et passent leur temps les personnes en quête de refuge. C’est pour cela que nous avons saisi l’occasion de la Nuit blanche 2017, qui avait un thème très intéressant « Où faire œuvre commune ». Pour nous, ça a raisonné comme une réponse à notre question », conclut Pierangela Fontana.

Lire aussi :
Réfugiés : l'asile se tarissant dans le monde, le HCR dénonce la montée de la xénophobie
Accueil des réfugiés : « La solidarité n'est plus une action, elle est une condition »
« CoeXist » : combattre les extrêmes avec le graffiti