Sur le vif

Un Institut musulman des Sciences humaines ouvrira en septembre à Lille

| Lundi 20 Mars 2006 à 21:38



L'Institut Avicenne des Sciences humaines, qui formera des imams en théologie et en langue française et sera un lieu de "réflexion" et de "dialogue", ouvrira en septembre à Lille, a annoncé lundi à Paris Mohamed Bechari, président de la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF).

Cet Institut, qui s'installera dans un immeuble du centre-ville proposé par la municipalité socialiste, compte à terme délivrer des diplômes, "allant jusqu'au doctorat", a précisé M. Bechari, également vice-président du Conseil français du Culte musulman (CFCM), dans une conférence de presse.

Institution privée, régie par la loi sur les associations de 1901 et par celle sur l'enseignement libre de 1875, elle sera financée par des "dons et des aides", émanant principalement de la communauté musulmane de France. Mais elle aura aussi des "partenariats" avec des institutions, religieuses ou non, françaises et étrangères, qui permettront des "co-financements", a ajouté M. Bechari, sans préciser le budget prévu de cette opération.

Au départ, la formation théologique concernera, du lundi au vendredi "deux classes de 25 élèves, soit 50 étudiants à temps plein" se destinant à être imams ou aumôniers musulmans. "Ce sera un enseignement sur l'étude et la recherche théologiques, assurée par des savants musulmans, des enseignants, des imams", a expliqué M. Bechari.

Les samedis et dimanches, a-t-il ajouté, il y aura "200 étudiants pour une formation continue, portant également sur la langue française, et les institutions de la France".

L'ancien ministre socialiste Pierre Joxe, ancien président de la Cour des comptes, y dispensera des cours "sur les institutions de la France contemporaine et de l'Union européenne", de même que l'orientaliste Dominique Chevalier, l'écrivain Paul Balta, des personnalités catholiques, protestantes et juives.

A côté d'un conseil d'administration, un conseil scientifique est institué, montrant "la diversité" de la société française, et formé dans le souci de "dissiper les malentendus" entre les musulmans et la société française, et de Favoriser "le dialogue et la réflexion".