Economie

TF1 et le conseil général du 93 soutiennent la diversité dans les médias

Au programme : l’emploi des jeunes du 93

Rédigé par Haroun Ben Lagha | Mardi 30 Juin 2009 à 10:00

Jeudi 25 juin, à l'heure du thé, Claude Bartolone, président PS du Conseil général de la Seine-Saint-Denis, recevait, à l'Hôtel du département, à Bobigny, Nonce Paolini, patron de TF1. Mais ce n'est pas pour le thé et les petits gâteaux que Messieurs les présidents se sont retrouvés. Ce jour-là, ils signaient ensemble une convention destinée à faciliter l'entrée des jeunes du 93 dans les emplois de l'audiovisuel et des médias.



Nonce Paolini, au premier plan, et Claude Bartolone signent ensemble la convention « Médias et diversité ».
Dans le département de la Seine-Saint-Denis, le chômage des jeunes atteint des chiffres très inquiétants et le contexte de crise économique ne joue pas vraiment en la faveur du département le plus touché d'Île-de-France : le taux de chômage atteint 9,3 %.

C'est dire si, ici, toute initiative tournée vers l'emploi est accueillie à bras ouverts. Et quand le président de la plus grande chaîne privée française fait un pas vers les jeunes du 93, qui, semble-t-il, auraient plus de difficultés qu'ailleurs pour décrocher un emploi, on ne peut que saluer M. Nonce Paolini pour avoir répondu présent aux appels des acteurs locaux de la lutte contre le chômage.

Un secteur qui fait rêver

TF1 figure au premier rang des entreprises d'un secteur qui fait rêver des milliers de jeunes. Pour Claude Bartolone, il est temps que « la télévision ne soit plus seulement un spectacle,il faut qu’elle devienne une véritable opportunité d’emploi. » Selon le président du Conseil général, si le souhait « je veux être Zidane » n’est pas à la portée de tous, la réussite professionnelle n’a, pour sa part, rien d’impossible face aux rares success-stories des grands sportifs.

L’action des personnels de TF1 envers les collégiens et les lycéens de banlieue n’a pas attendu la signature de la convention pour se mettre en place. Plusieurs établissements ont déjà été sensibilisés aux différents métiers offerts par les médias en général et par TF1 en particulier.

Néanmoins, le président de la première chaîne de France, Nonce Paolini, est clair : « TF1 est une entreprise, qui connaît des difficultés, il ne s’agit donc pas de venir dans le 93 et d’offrir 3 000 emplois d’un coup. » La priorité pour MM. Paolini et Bartolone est de contribuer à l’aboutissement du projet professionnel des jeunes du 93, notamment en laissant « le talent s’exprimer ».

Comment se traduisent concrètement toutes les mesures de la convention ? Si TF1 peut effectivement proposer quelques emplois, il s’agit en premier lieu de faciliter aux 14-30 ans le contact avec les entreprises en offrant, notamment, des stages d’observation pour les élèves de troisième, des stages plus long pour les étudiants, ou encore en prodiguant des conseils aux jeunes créateurs d’entreprise.

En vue de l’insertion des jeunes gens fraîchement formés et « compte tenu de la rareté des débouchés, il est important de rechercher des partenaires », souligne Stéphane Troussel, vice-président du Conseil général élu dans la ville de la Courneuve. Pour preuve, il cite l’initiative purement courneuvienne de l’entreprise de communication Nouvelle Cour. Celle-ci agit au plus près des élèves du BTS communication du lycée Jacques-Brel, situé à La Courneuve.

Un train de retard

D’aucuns regrettent cependant les lenteurs dans la mise en place de mesures en direction de la diversité dans les médias et attendent les applications concrètes des effets d'annonce.

En décembre 2006, le Parlement européen adoptait une résolution intitulée Les médias, garants de la diversité culturelle et du pluralisme dans l’Union européenne. Cela fera donc bientôt trois ans que la réflexion a déjà abouti au niveau européen. Pour certains, il peut donc sembler dommage que, dans un département aussi défavorisé que le 93, les initiatives venues d’en haut ne soient pas plus rapidement répercutées au niveau local.

La convention signée entre TF1 et la Seine-Saint-Denis ouvre clairement de nouvelles perspectives dans un département où les jeunes représentent plus de 18 % de la population. Il faut espérer que cette initiative, qui suscite de nouveaux espoirs chez les acteurs de la lutte contre le chômage, ne s’arrête pas à un simple échange de signatures. « Si le ciment a bien pris le jour où le prestigieux Sciences Po Paris s’est ouvert aux jeunes des milieux défavorisés, il n’y a pas de raisons pour que l’aventure télévisuelle des jeunes du 93 s’arrête en si bon chemin... », fait observer un participant, lors de la signature de la convention.

Par ailleurs, Claude Bartolone a souligné que l’effet de cette convention devait initialement durer trois ans. Mais devant le risque de « s’endormir » et d’oublier le premier objectif qui est l’insertion des jeunes, la convention sera finalement renouvelée tous les ans.

Les grands décideurs des télévisions françaises semblent enfin prendre conscience que le très télégénique Harry Roselmack ne peut, à lui seul, traduire sur le petit écran toute la diversité de la société française.