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Sarkozy: 'La France n'a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique'

Rédigé par Laila Elmaaddi | Vendredi 29 Février 2008 à 10:42

"La France n'a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique", a prévenu jeudi Nicolas Sarkozy lors de sa visite de deux jours en Afrique du Sud. Et d’ajouter que "L'Afrique doit prendre en charge ses problèmes de sécurité".



Nicolas Sarkozy et son homologue Sud-Africain
Réorganisation de tous les accords

"La France n'a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique", a prévenu Nicolas Sarkozy.

"L'Afrique doit prendre en charge ses problèmes de sécurité".

Au premier jour de sa visite d'Etat en Afrique du Sud, le président français a annoncé une réorganisation de tous les accords militaires de la France en Afrique lors d’un discours prononcé jeudi après-midi devant le parlement sud-africain au Cap, précisant que « tous les chefs d’Etat concernés ont été informés ».

"La présence militaire française en Afrique repose toujours sur des accords conclus au lendemain de la décolonisation, il y a 50 ans!", s’est-il exclamé. Ils sont "obsolètes". L'entourage du président a affirmé que "huit pays" étaient concernés par la renégociation des accords de défense: le Sénégal, le Gabon, le Cameroun, le Togo, Djibouti, la République centrafricaine, la Côte d'Ivoire et les Comores.

Les nouveaux accords devront "reposer sur les intérêts stratégiques de la France et de ses partenaires africains" et s'adapter "aux réalités du temps présent". La France est aussi "ouverte au dialogue avec tous ceux qui souhaiteront nouer avec elle un nouveau partenariat en matière de sécurité".


Des accords signés lors de la décolonisation

La France a signé des accords de coopération militaire et de défense avec une quinzaine d'Etats africains, lors de la décolonisation. Les "accords de défense" impliquent une garantie française en cas d'agression, mais d'autres accords portent simplement sur une assistance militaire technique.

Les textes signés avec la Côte d'Ivoire, le Gabon ou le Tchad sont notamment relatifs au maintien de l'ordre, certaines de leurs clauses sont restées secrètes.

La France compte actuellement environ 9.000 hommes sur le continent africain et des bases permanentes à Djibouti, au Sénégal et au Gabon, plus deux bases au Tchad et en Côte d'Ivoire.

Le président français entend ainsi concrétiser sa volonté, affirmée pendant la campagne présidentielle, de mettre fin à la "Françafrique", mélange de réseaux souterrains, d'accords de défense secrets hérités de la colonisation, et d'interventions, y compris armées, dans les affaires intérieures de ces pays.