Religions

SOS Pèlerin : objectif formation et communication (2/2)

Rédigé par Assmaâ Rakho Mom | Jeudi 14 Février 2008 à 09:32

Si les arnaques et autres manquements graves inhérents au marché du pélerinage en France se poursuivent de plus belle et entraînent des dommages parfois lourds et irréversibles, l'association SOS Pèlerin ne compte pas se cantonner à un rôle de dénonciateur. Ainsi, un centre de formation des pèlerins est en cours de création et l'association souhaite aussi mettre l'accent sur l'organisation de l'information et de la communication à destination des pèlerins et futurs pèlerins.



SOS Pèlerin ne se veut pas une association cultuelle. Seule l'organisation du pèlerinage, l'application stricte de la loi et l'organisation correcte et décente de ce voyage lui tient à coeur, a rappelé samedi dernier le président de l'association Zakaria Nana, qui rappellera à plusieurs reprises qu'il ne faut "rien attendre des autorités françaises", celles-ci n'étant pas habilitées à réguler la pratique du culte musulman.

Au contraire, l'application rigoureuse de la loi leur incombe. Et sur ce plan, si SOS Pèlerin a fini par obtenir que la loi du 13 juillet 1992 soit mise en application, en revanche, l'enregistrement des plaintes de citoyens qui souhaitent attaquer en justice des agences crapuleuses par les commissariats de police reste toujours difficile à obtenir pour beaucoup. Pourtant le refus est complètement illégal, rappellera M. Nana.

Formation

"Le CFCM reste un organe ethnicisé, qui ne laisse pas de place aux convertis, aux non musulmans et aux femmes", a d'emblée lancé Ouria Shehrazade Kahil, enseignante en Droit et Economie, et qui prépare une thèse sur le "pèlerinage mecquois". Par ailleurs, cette dernière précisera avoir entendu de la bouche même d'un responsable du CFCM que la commission pélerinage de l'instance censée représenter les musulmans de France est existante "seulement sur le papier".

Mais outre la responsabilité du CFCM, Mme Kahil a mis en cause également la responsabilité des pèlerins eux-mêmes, qui oublient qu'une "préparation citoyenne" s'impose avant ce voyage particulier. Or, les agences de voyages "se trouvent face à des citoyens faibles qui contestent pendant le pélerinage mais oublient tout après", a-t-elle ajouté.

"Les pèlerins ont besoin d'être formés de manière polyvalente", a martelé Mme Kahil, qui a alors dévoilé à l'assistance le projet de centre de formation de l'association SOS Pèlerin. Ce sont alors les thématiques qui devraient être abordées durant la formation qu'a dévoilé Ouria Shehrazade Kahil. De la diversification des pèlerins à leurs droits, en passant par la signification du pélerinage, ses différentes étapes, une initiation à la langue du pays (l'Arabie Saoudite), une prévention médicale, un historique des pélerinages ou encore l'état et la manière dont Français et Saoudiens communiquent au plus haut niveau sur le sujet du pélerinage, ce devrait être en tout et pour tout dix thématiques qui seraient abordées durant la formation des futurs pèlerins, et ce à l'horizon 2010.

Communication

Autre projet que prépare l'association SOS Pèlerin, celui de la communication à destination des pèlerins. "Comment mieux communiquer vis-à-vis des pèlerins et futurs pèlerins, s'est interrogée Fatna Tahri, une autre bénévole de l'association, sachant qu'en 2005, une brochure avait été publiée par les autorités françaises et tirée à près de 40 000 exemplaires. Malheureusement, selon Zakaria Nana, rares sont les pèlerins qui l'auraient reçue, puisque ni le CFCM, ni les préfectures, ni les guides à qui elle avait été adressée pour distribution ne l'auraient mise à disposition des premiers concernés.

Seulement, si l'information n'arrive pas aux pèlerins, les arnaques ne font qu'augmenter puisque guides et agences véreux en tirent largement profit. C'est en partant de ce constat que SOS Pèlerin s'est fixé pour objectif de mieux faire connaître ses activités, tout en sachant que l'association, "souvent dénigrée puisque mal connue, a une image à rectifier", a précisé Fatna Tahri.

Pour en arriver là, "il faut trouver le moyen de toucher les pèlerins dans leur diversité, qu'ils soient femmes, hommes, illétrés, analphabètes, etc. et aussi celui de sensibiliser les partenaires tout en restant autonomes", a souligné Mlle Tahri.

Cette dernière souhaite donc, en compagnie des pèlerins et futurs pèlerins, faire un bilan de ce qui a fonctionné ou pas jusqu'ici "pour en arriver à un guide pratique du pélerinage à La Mecque à l'image du guide du routard", a-t-elle précisé.

Troisième et dernière étape enfin, a expliqué Fatna Tahri, celle de "l'élaboration d'une stratégie de communication et d'un planning", à savoir "quel message transmettre, à qui et à partir de quel plan budgétaire, mais aussi où et quand communiquer, selon quel agenda afin que le message soit clair".

Avant toute chose, et c'est ce que détaillera à maintes reprises Mlle Tahri, ce sont les contributions, les compétences et motivations des pèlerins et futurs pèlerins qui permettront d'en arriver à une meilleure communication et ainsi à une diminution des arnaques et autres escroqueries.