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Retour sur le partenariat BPCE et Qatar Islamic Bank - Interview de M. El Jida, directeur exécutif de QIB

Rédigé par princevaillant@ymail.com | Vendredi 23 Avril 2010 à 20:56



M. El Jida (directeur exécutif de la QIB), si on commence par la signature de cet accord ou partenariat entre la QIB et la Banque Populaire Caisse d’Epargne BPCE, quelles sont les grandes lignes de ce document ?

Dans le cadre de la distribution des produits financiers islamiques, on a senti qu’il y avait une réelle demande de faire un partenariat avec l’une des grandes banques françaises pour avoir la possibilité de commercialiser ce type de produit à travers le réseau existant d’agences de cette banque dans toute la France. Sachant que la Banque Populaire - Caisse d’Epargne - BPCE est considérée comme l’une des grandes banques. Nous sommes très fiers de cette démarche sachant qu’elle est fondée sur des convictions mutuelles, et notre vraie réussite sera dans l’accessibilité, partout en France, aux produits financiers islamiques pour tous ceux qui souhaiteraient y investir. Et on espère réussir dans notre démarche.

Comment sera ce partenariat et dans quel cadre ?

L’important pour nous, c’est l’application de la sharia dans ce que nous allons faire. Il y aura trois missions différentes de travail.
La première phase, c’est de traiter avec les clients des agences de cette banque, au début nous commencerons l’expérience dans seulement quelques agences pour faire connaître nos services et savoir aussi la demande réelle des produits islamiques.
La deuxième mission s’effectuera dans le middle-office, ou les bureaux intermédiaires, qui feront office de validation et de vérification de la conformité des opérations et des produits.
Notre dernier contrôle sera sur le back-office, ou les bureaux internes, pour gérer les produits et les liquidités.
Lors du dépôt d’argent au sein de cette banque (Banque Populaire Caisse d’Epargne - BPCE), vous allez signer des contrats inhabituels qui entrent dans le cadre des collectes des liquidités et notre travail sur les deux plans cités auparavant sera bien évidemment de s’assurer de la conformité des placements (et toutes les opérations sous-jacentes). Et nous pensons que cette démarche sera plus attractive pour le développement de ce secteur.

Ce partenariat pourra-il aboutir dans le cadre français où il n’y a pas de réglementations pour encadrer la finance islamique ?

Nous étions avec les autorités de régulation et on a discuté avec clarté et transparence.
Les autorités de régulation ainsi que le pouvoir politique français nous ont garanti leur soutien pour cette démarche. Nous sommes certains que fuir la réalité de la finance islamique ne convient pas aux ambitions du gouvernement français.
Je suis désolé de l’implication de quelques politiques qui ont semé le doute dans ce secteur.
Nous espérons et présageons que la finance islamique existera et aura sa place et se développera en France.

Paris va pouvoir concurrencer les autres places financières européennes (La Grande Bretagne et le Luxembourg) ? Ce partenariat sera-t-il vraiment l’intégration de la finance islamique en France ?

C’est une démarche exceptionnelle et sans précédent, il n’y a eu jamais de partenariat entre une institution bien expérimentée qui applique parfaitement la sharia avec une institution conventionnelle qui exerce dans les secteurs d’activités financières.
Nous essayons de faire d’autres partenariats avec d’autres institutions sur le marché européen d’une façon générale.
Nous sommes fiers de ce qui a été déjà fait, mais il faut savoir que l’activité de finance islamique n’est pas une question d’individu (ou de fortune). Nous sommes convaincus que le financement des PME et TPE participera à la continuité et au développement de notre activité. Nous croyons aussi au financement des grands groupes bien expérimentés pour avoir un retour intéressant de rentabilité et pour une meilleure sécurité pour notre clientèle.


Lire la suite de l'interview sur www.aidimm.com, traduite par Nabil Bennasr