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Sur le vif

Primé à Cannes, Les Misérables remet le débat sur les violences policières sur le devant de la scène

Rédigé par Benjamin Andria | Mardi 28 Mai 2019 à 12:51

           


Les Misérables sonne l’alerte sur les violences policières en France. Projeté dans le Grand théâtre Lumière le 15 mai dernier, le film réalisé par Ladj Ly avait alors récolté une standing ovation. Il a remporté, dix jours plus tard, le Prix du jury au festival de Cannes. Ce long-métrage, ouvre les débats sur les bavures policières dans les banlieues (bande d'annonce plus bas).

Le réalisateur français, originaire de Montfermeil, a indiqué au Huffington Post que son film adresse un message à Emmanuel Macron. « Aujourd’hui, on voit toutes ces images de violences policières, il y a des dizaines et des dizaines de personnes éborgnées, des blessés graves, des mutilés de guerre… Et pourtant, il ne se passe rien, il n’y a pas de justice pour ça. C’est scandaleux ce qu’il se passe en France », s’est insurgé Ladj Ly.

Le porte-parole du collectif AC le Feu Mohamed Mechmache, qui a aussi été l’éducateur spécialisé de Ladj Ly, a expliqué dans une interview accordée à Franceinfo que le sujet devrait être débattu sérieusement. « À un moment ou à un autre, il va falloir que ce dialogue puisse se faire entre police et population », a-t-il affirmé, en ajoutant que « si ce film permet de poser le débat, qu’on s’en saisisse ». Le prestigieux prix attribué au long-métrage est « une dédicace à tous les quartiers de France qui vivent ces situations aussi », aui-delà de Montfermeil.

À ce débat, les hommes et femmes politiques ont leur rôle à jouer, a avancé Ladj Ly. Précisant que son film n’est pas une production « anti-flics », il a souligné que les policiers sont aussi « les misérables ». Le film apporte en effet un regard sur la pression des agents qui se trouvent débordés, au point de perdre le contrôle de la situation. « Quand le mec est dépassé, qu’il travaille avec la peur au ventre, ça ne peut que partir en vrille », juge Ladj Ly.

En ce sens, Ladj Ly « jette la pierre » sur les politiciens. « Regardez Macron, il a lancé le "Plan banlieue", il a invité tous les gens qu’il fallait, et puis la veille, il annule. C’est vous dire le mépris total qu’il a pour nous », s’est indigné le réalisateur. Ce dernier a indiqué que le chef de l'Etat a répondu favorablement à son invitation d'une projection privée du film, assurant avoir été contacté par l'entourage du président pour cela.





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