Psycho

Najjiya : « Pourquoi les “musulmans de souche” ont-ils du mal à accepter les “convertis” ? »

Rédigé par Lalla Chams En Nour | Jeudi 12 Avril 2012 à 00:00



Élevée dans la religion catholique, je suis entrée en islam il y a exactement six ans cette année, à mes 22 ans.

Je vous écris car je ne comprends pas le comportement de certains musulmans et musulmanes. Suspicieux par rapport à moi, ils parlent toujours de « convertie », mais, pour moi, il n’y a pas de contradiction entre mon éducation chrétienne et ce que m’apporte l’islam aujourd’hui, suite de la Parole divine : un modèle du beau comportement à partir du Coran, de la Sira du Prophète et de la Sunna.

Expliquez-moi pourquoi les musulmans de souche ont tant de mal à nous accepter sans préjugés.

Lalla Chams En Nour, psychanalyste

Chère Najjiya,

Question délicate et, entrée en islam il y a quelques années, il m’est arrivé de ressentir parfois la même chose…

Les êtres humains ont peur de qui ne leur ressemblent pas. Au-delà du rejet de l’autre que cette peur entraîne, le problème a des origines à la fois sociologiques, politiques et historiques.

Le colonialisme a rendu les musulmans de souche méfiants : qui est cet étranger ou cette étrangère à mon histoire qui vient rejoindre ma religion ? Vais-je pouvoir conserver cet espace religieux que même les colons n’avaient pas pu investir ? La crainte irrationnelle de se sentir déposséder pourrait expliquer ces préjugés.

Mais je suis sûre qu’il vous est aussi arrivé, comme à moi, de rencontrer des personnes à la foi sincère qui se réjouissent sans réserve de vous voir vous épanouir dans cette pratique qui, si on la comprend bien, peut permettre une authentique évolution de l’être.

Certains disent même qu’une revivification de la foi musulmane peut survenir grâce au développement de l’islam en Occident. Qu’Il nous éclaire.

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Des psychologues et psychanalystes répondent à vos questions. Musulman(e)s du Maghreb ou de France, professionnel(le)s actif(ve)s exerçant en cabinet, ils réfléchissent à votre problématique et tentent de vous éclairer à travers leur expérience professionnelle et leur pratique spirituelle. Ils peuvent vous aider à y voir plus clair en vous-même ou à mieux décrypter le comportement des personnes de votre entourage.
Ils ne sont pas médecins, même si on les désigne parfois comme des « médecins de l’âme » , mais leur rôle est de vous aider à trouver en vous-même la meilleure réponse à vos interrogations sur vos relations aux autres, votre conjoint ou conjointe, vos parents, vos frères et sœurs, vos amis, vos collègues de travail, vos voisins...
Alors, n’hésitez pas, interrogez-les, ils tenteront de vous répondre en s’éclairant des plus belles pensées de l’islam.
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