Psycho

Molly, 28 ans : « Nous avons beaucoup de points communs, sauf la religion »

Rédigé par Lalla Chams en Nour | Vendredi 5 Février 2016 à 13:47



Je viens de tomber sur votre site, et c’est exactement ce que je recherchais : une analyse à la fois psychologique et spirituelle.

J’ai 28 ans, je suis musulmane, j’ai la foi et j’ai une approche raisonnée et très spirituelle de la religion. Je suis actuellement un peu perdue, j’ai besoin d’un regard extérieur.

Ça fait maintenant plus de deux ans que j’ai rencontré mon ami, on travaillait ensemble au Maroc. Il est originaire du sud de l’Espagne. En plus de pratiquer la même profession (sur laquelle on adore partager), on s’est trouvé énormément de points en commun, nos deux cultures (méditerranéennes) sont semblables, on partage des valeurs communes.

Après trois mois de relation, je suis partie en France pour poursuivre mes études, notre relation a continué à distance, lui est toujours au Maroc (où il y vit depuis presque cinq ans), il s’est très bien imprégné de la culture marocaine et musulmane. Tout s’est très bien passé, on est sur la même longueur d’ondes sur tous les plans. Il me questionne beaucoup sur ma religion, il a acquis une grande connaissance là-dessus.

Ses parents sont chrétiens, mais lui se dit monothéiste, il croit très fort en Dieu et en ses prophètes (il a la foi, il est croyant mais pas musulman).

Aujourd’hui, on souhaiterait tous les deux se marier et fonder une famille, mais ma mère n’est pas vraiment d’accord, du fait qu’il soit étranger mais elle n’a pas pris la peine de savoir quel genre de personne il est, du fait qu’il possède les vrais valeurs d’un mou’men et qu’il est une très bonne personne.

Le fait que mon entourage ne comprenne pas mon raisonnement, je me remets en question du fait de la délicatesse de la situation, et je veux être sure à 200 % parce que c’est une décision importante à prendre.

J’espère que j’ai été assez claire. Merci de votre aide.
Molly

Lalla Chams en Nour, psychanalyste

On ne peut être plus claire, Molly, et sur ce point votre lettre me rappelle un courrier envoyé il y a environ trois ans à notre site. La jeune fille était marocaine, le jeune homme libanais chrétien. Même questionnement : dois-je rester fidèle aux traditions culturelles et familiales ou dois-je m’adapter au temps et au lieu présent ? C’est une vraie question.

Il y a du bon des deux côtés… et du moins bon. Qui a osé remettre en cause des traditions qu’il estimait obsolètes et plus adaptées aux mœurs de son époque ? Un certain Muhammad (PSL)…

Quand la tradition est faussée, contraire à l’épanouissement des êtres, il est parfois nécessaire de l’interroger. De la remettre en cause.

Quelles sont les vraies raisons qui poussent votre entourage à ne pas approuver votre choix ? Vous paraissent-elles légitimes ? N’avez-vous pas tendance à idéaliser cet homme et à le parer de toutes les vertus, tendue que vous êtes dans le désir de rencontrer une âme sœur ? C’est un risque.

Mais si vous êtes sûre de vous, de ce que vous murmure votre intuition, alors pourquoi ne pas écouter l’élan d’amour ? C’est difficile de rencontrer un être avec lequel on se sent en parfaite affinité. C’est une grâce divine.

Pour revenir à la jeune fille marocaine dont je vous parlais au début de ma lettre, eh bien, elle m’a fait savoir qu’elle regrettait aujourd’hui d’avoir eu peur du regard des membres de sa famille au point de renoncer à se marier avec un Libanais chrétien. Trois ans plus tard, elle n’a pas encore rencontré un homme avec lequel s’entendre aussi bien.

L’essentiel est la sincérité, en matière d’amour, que ce soit envers Dieu ou envers celui ou celle que l’on choisit… Laissez tomber les préjugés.

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Des psychologues et psychanalystes répondent à vos questions. Musulman(e)s du Maghreb ou de France, professionnel(le)s actif(ve)s exerçant en cabinet, ils réfléchissent à votre problématique et tentent de vous éclairer à travers leur expérience professionnelle et leur pratique spirituelle. Ils peuvent vous aider à y voir plus clair en vous-même ou à mieux décrypter le comportement des personnes de votre entourage.
Ils ne sont pas médecins, même si on les désigne parfois comme des « médecins de l’âme », mais leur rôle est de vous aider à trouver en vous-même la meilleure réponse à vos interrogations sur vos relations aux autres, votre conjoint ou conjointe, vos parents, vos frères et sœurs, vos amis, vos collègues de travail, vos voisins...
Alors, n’hésitez pas, interrogez-les, ils tenteront de vous répondre en s’éclairant des plus belles pensées de l’islam.
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