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Sur le vif

Mobilisation internationale pour Ali al-Nimr, l'Arabie Saoudite sous pression

Rédigé par Mérième Alaoui | Samedi 26 Septembre 2015



Ali al-Nimr, un jeune chiite condamné à mort par l'Arabie Saoudite pour sa participation à une manifestation contre le régime en 2012 alors qu'il avait 17 ans.
Ali al-Nimr, un jeune chiite condamné à mort par l'Arabie Saoudite pour sa participation à une manifestation contre le régime en 2012 alors qu'il avait 17 ans.
Le jeune chiite Ali al-Nimr sera-t-il épargné par les autorités saoudiennes ? Son cas interpelle le monde. Le jeune homme de 21 ans est condamné à mort par décapitation au sabre suivie probablement d'une crucifixion post-mortem. Son tort : avoir participé à une manifestation contre le régime en février 2012 alors qu'il n'était âgé que de 17 ans.

Il semble surtout payer le prix fort en étant le neveu d’une figure religieuse et politique chiite influente, le cheikh Nimr al-Nimr, également condamné à mort pour sédition, désobéissance au souverain et port d'arme. Ce dernier est considéré comme l'un des animateurs du mouvement de contestation qui avait agité en 2011 la province orientale de l'Arabie saoudite, à majorité sunnite et où les chiites se disent discriminés.

Depuis près de quatre ans, le jeune Ali al-Nimr se trouve dans le couloir de la mort, ayant épuisé tous ses recours judiciaires. Face à l'imminence d'une exécution - certains médias l'annonçant même pour le jour de l'Aïd sans plus de vérifications -, la Toile s'est enflammée sur le sort du jeune homme. Sur les réseaux sociaux les mots-clés #FreeNimr et #SauvezALI se propagent activement, via les ONG en particulier.

En France, François Hollande s’est contenté d’une déclaration a minima rappelant le 23 septembre que « la France est opposée à la peine de mort. (…) J'ai toujours rappelé que cette position ne variait pas, ne connaissait aucune exception et que, pour nous, tout doit être fait pour faire cesser ces exécutions partout, et notamment en Arabie saoudite ». En marge d'une conférence de presse à l'issue d'un Conseil européen sur les réfugiés à Bruxelles, il a demandé à l'Arabie de « renoncer à l'exécution » du jeune homme.

La veille, mardi, des experts de l'ONU en droits de l'homme ont également demandé aux autorités d'annuler la sentence, émettant de sérieuses réserves sur la légalité de sa condamnation. Le jeune homme aurait fait des aveux sous la torture et n’a pas pu avoir recours à un avocat, ni avant ni pendant son procès. « Toute sentence infligeant la peine de mort à des personnes mineures à l'époque du délit, ainsi que leur exécution, sont incompatibles avec les obligations internationales de l'Arabie saoudite », ont-ils conclu.

Ironie du sort, l’Arabie saoudite a été tout récemment nommée à la tête du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme. Une nomination vivement critiquée pour un pays souvent montré du doigt pour ses atteintes aux droits humains.

En pleine offensive contre les houthistes au Yémen, l’Arabie Saoudite est menacée à l’ouest par la minorité chiite de représailles si le jeune homme est exécuté. C'est ce qu'a avancé le père du condamné, Mohammed al-Nimr, qui a appelé le souverain à épargner son fils.

Depuis le début de l’année, Human Rights Watch critique une hausse des condamnations à mort dans le pays. En 2015, 135 exécutions ont été dénombrées contre 88 en 2014, selon l'ONG. Après l’accident de grue du 11 septembre puis la grave bousculade lors du Hajj qui vient de faire plus de 700 morts le 24 septembre, les autorités saoudiennes sont sous le feu des critiques.

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